AGAPES FRANCOPHONES 2024
Velimir MLADENOVIĆ _____________________________________________________________ 24 – Pourriez-vous lâcher Bis ? Le contact prolongé avec des inconnus l’effraie, le prie Hanah prudemment. – Je ne voudrais surtout pas lui faire peur, hein, mon chat-chat ? (Delzongle 2017, 174) Hanah Baxter, animée par une profonde passion pour les animaux, en vient également à observer les comportements humains et à établir des comparaisons avec le monde animal. Elle commente le nom de la femme de son collègue Fred, remarquant que ce nom ressemble à celui d’un chat. Dans le roman L’Homme de la plaine du nord , elle estime que les chiens d’Ange sont son « prolongement » : Cela collait aux traits particuliers de la personnalité d’Ange Defer. Elle ne les avait pas tués de ses propres mains, mais en lâchant des chiens affamés et assoiffés de sang. D’après Hanah, les chiens seraient le prolongement animal de la jeune femme. D’une certaine façon, c’était une partie d’elle qui s’était ruée sur ces deux hommes pour les prendre à la gorge et les déchiqueter. Les fauves avaient accompli ce qu’elle n’aurait pas pu faire elle-même. (Delzongle 2020, 324) Le roman Récidive met en scène une nouvelle fois Hanah et son chat. Delzongle décrit leur comportement et la complicité qui existe entre cet être humain et l’animal : « Son regard croisa celui ahuri de Bismarck, son compagnon de solitude, un chat de la race des sphynx, à la peau totalement glabre. Lové sous la couette, il aurait volontiers prolongé sa nuit. » (Delzongle 2017, 17) L’histoire entre Hanah et son chat constitue en effet un récit à part entière, qui se déploie au fil des romans. Le lecteur suit les aventures de Bismarck d’un tome à l’autre, témoin de l’évolution de leur lien. Pour illustrer la relation entre un chat et son propriétaire, nous avons choisi un passage marquant décrivant les retrouvailles avec Bis, que Baxter croyait mort. Ce moment provoque une palette d’émotions chez le lecteur, alternant tension, espoir, puis soulagement. Grâce à un rythme soutenu et à des figures de style puissantes, telles que la métaphore et l’hyperbole, l’autrice immerge le lecteur dans l’attente fébrile du personnage. Ce passage crucial met en lumière la profondeur du lien entre Hanah et Bis, tout en introduisant une note inattendue de surprise et de joie : Soudain, derrière la pointe, elle crut entendre un cri de détresse. Comme celui d’un nourrisson perdu. Dressant l’oreille, demandant presque à son cœur de cesser de battre pour que le silence fut complet, elle attendit. De nouveau, le cri. Un miaulement, sans aucun doute. Celui de Bis qu’elle reconnaîtra entre tous. Elle n’osait pas y croire. – Bis ? Tu m’entends, Bis ? Bis ? L’animal lui répondit aussitôt. Bis vivant ! C’est presque impossible. De combien d’étages était-il tombé ? Se penchant, elle vit que le monte-charge n’était arrêté que deux étages 24
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