AGAPES FRANCOPHONES 2024
LAHRAOUI Salma _____________________________________________________________ 66 D’ailleurs, ce sont des œuvres à la fois lues et commentées par Kimbembé et Gaston. En fin, une toute autre référence capte le plus notre attention. Il s’agit de celle faite par Hortense de La peste de Albert Camus (PF, 172). En effet, à la fin de la deuxième partie « D’Oweto (Nord) à Batalébé (Sud) », la protagoniste avance : « Après l’Affaire d’Okonongo, je ne m’arrêtais pas de me poser cette question : Viétongo, notre pays, vivra-t- il aussi la peste à sa manière ? Si c’était le cas, concluais-je, il nous manquait un docteur, un bon docteur qui s’appellerait, de préférence, Bernard Rieux, comme dans La peste » (PF, 172) Nous constatons qu’Hortense compare implicitement les événements qui ensanglantent son pays à l’épidémie qui frappe les oranais de 1940. La référence au récit de Camus s’insère de manière fluide dans le discours d’Hortense. En plus de constituer une marque d’intertextualité, ce rapprochement nous permet d’avancer que La peste constitue ici un objet de discours fictionnel. En d’autres termes, ses péripéties sont intégrées et employées dans un contexte fictionnel afin de servir la description de la tragédie qui s’abat sur le Viétongo au lendemain de l’Affaire d’Okonongo. Dans Lumières de Pointe-Noire 5 , les références qui le jonchent renvoient à des œuvres de Mabanckou lui-même. Ce dernier évoque Mémoire de porc-épic (LPN, 137) , Black Bazar (LPN, 137), Demain j’aurai vingt ans (LPN, 103, 105) et La légende de l’errance (LPN, 29). Cependant, les allusions établies pas Mabanckou ne s’arrêtent pas à la convocation de ses propres écrits. En effet, Lumières de Pointe-Noire est traversé d’un nombre très important et fort diversifié de références. Signe de la pratique de l’intertextualité, ces dernières créent un réel réseau surtout au niveau des titres choisis pour chaque chapitre 6 . 5 Alain Mabanckou, Lumières de Pointe-Noire , Paris, Seuil, Points, 2013. Dorénavant désigné à l’aide du sigle (LPN), suivi du numéro de la page 6 Première semaine : « La femme de nulle part » (p. 19-25) : un film français réalisé par Louis Delluc en 1922. Ce film est considéré comme son chef-d’œuvre ; « Va-vis et deviens » (p. 27-33) : un film franco-israélien réalisé par Radu Mihaileanu en 2005 ; « Les mille et une nuits » (p. 35-42) : un recueil anonyme de contes populaires en langue arabe d’origine persane, indienne et arabe ; « La gloire de mon père » (p. 43-54) : un roman de Marcel Pagnol ; « La femme d’à côté » (p. 55-63) : un film français de François Truffaut sorti en 1981 ; « La Mort aux trousses » (p. 65-72) : un film américain réalisé par Alfred Hitchcock et sorti en 1959 ; « Mademoiselle ma mère » (p. 73-77) : un film français réalisé par Henri Decoin en 1937 ; « La Paysanne aux pieds nus » (p. 79-89) : un film réalisé par Vittorio De Sica avec Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo , sorti en 1960 ; « Le Château de ma mère » (p. 91-99) : le deuxième tome des Souvenirs d’enfance , un roman autobiographique de Marcel Pagnol, paru en 1957. Son adaptation cinématographique par Yves Robert est sortie en 1990 ;« Pour une poignée de dollars » (p. 101-110) : un western spaghetti réalisé par Sergio Leone, sorti en 1964 ; « La Femme aux deux visages » (p. 111.118) : un film américain réalisé par George Cuko, 1941 ; « Les Enfants du paradis » (p. 119.126) : un film français réalisé par Marcel Carné, sorti en 1945 ; « Les Dragueurs » (p. 127.137) : un film français réalisé par Jean-Pierre Mocky en 1959 ; « Mon oncle » (p. 139.148) : un film français réalisé par Jacques Tati, sorti en 1958 ; « Rencontres du troisième type » (p. 149- 157) : un film de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1977 ; Dernière semaine : « Le Pas suspendu de la cigogne » (p. 161-165) : un film grec réalisé par 66
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