AGAPES FRANCOPHONES 2025
6 notion de « racine » — qu’elle soit politique, idéologique ou esthétique — et à la manière dont elle se manifeste dans la littérature. D’abord, Theodor Paleologu, dans Racine et les pathologies du pouvoir , analyse l’œuvre de Jean Racine en mettant en lumière les dérives du pouvoir. Il montre comment les passions et les troubles psychologiques des dirigeants révèlent une ‘ pathologie ’ intrinsèque à l’exercice du pouvoir, souvent enracinée dans la nature humaine. Ensuite, Trond Kruke Salberg, avec trois chansons de gestes – Chanson de Roland, Chanson de Guillaume, Gormont et Isembart - remonte aux origines idéologiques des premières chansons de geste. À travers la figure de Charlemagne, le médiéviste norvégien explore comment la racine du pathos retrouvable à travers des textes littéraires est le souve nir d’une situation historique où la Chrétienté latine devait faire face à une menace existentielle : les Sarrasins, les Scandinaves et les Magyars. Enfin, Nathalie Solomon, dans Les ruines romantiques , s’intéresse à l’esthétique des ruines dans le romantisme . Elle montre que ces ruines ne sont pas seulement tournées vers le passé, mais qu’elles permettent aussi un retour au présent, en réinterprétant les origines à travers une sensibilité moderne. Ces trois conférences interrogent chacun à leur manière les « racines » (historiques, idéologiques ou symboliques) qui nourrissent la littérature, tout en montrant que ces origines ne sont jamais figées : elles éclairent le présent et participent à sa compréhension. La deuxième partie de ce numéro de la revue est consacrée à la littérature française , à l’étude des auteurs des XX e et XXI e siècles. L’ensemble des articles met en évidence une problématique commune : le rapport entre mémoire, identité et racines dans la littérature contemporaine. La notion de « retour » — qu’il soit réel, symbolique ou intérieur — traverse toutes les analyses. L ’article de Moustapha Faye ( Flux et reflux dans Citadelle) propose une lecture dialectique de l’espace dans l’œuvre d’ Antoine de Saint-Exupéry. L’espace y est marqué par un mouvement de flux et reflux, symbolisant des tensions entre ouverture et repli ; dans ce contexte la citadelle représente à la fois un lieu de protection et un espace de réflexion intérieure. Cette dynamique traduit une pensée philosophique : l’homme
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