AGAPES FRANCOPHONES 2025
Roxana MAXIMILEAN 153 cœur de la douleur et constitue l’entreprise principale du roman. » (Dotan 29). Puis, ce premier mouvement est suivi par « un second mouvement d’ascension, de récupération, de réhabilitation ». (Dotan 29). Ces deux mouvements divergents scandent les deux romans en questio n 69 et sont associables aux principaux mythèmes du mythe orphique, la catabase respectivement l’anabase. En effet, la descente symbolique aux Enfers entreprise par le personnage germainien est une allégorie des conséquences néfastes d’un traumatisme profond vécu pendant l’enfance. Atteindre le fond de l’abîme correspond à un apogée de la souffrance et du dése spoir d’un mal - aimé qui s’efforce à se réédifier. La principale cause qui déclenche le voyage infernal est le non-amour parental, une carence affective troublante que le personnage se force d’intégrer au sein du moi. 2. La démarche psychanalytique Quant à la démarche psychanalytique, elle met en cause « […] les fondamentaux de l’inconscient familial qui canalise les transmissions transgénérationnelles et elle se penche sur les nombreux méandres de l’inconscient individuel qui recèle tous les contenus psychiques non portés au niveau du conscient : les pu lsions, les nœuds traumatiques non élaborés et non solutionnés, les désirs refoulés. » (Ancelin Schutzenberger 18). La notion de « crypte » est l’une des contributions essentielles apportées à la psychanalyse par Maria Torok et Nicolas Abraham et expliquée dans leur livre L’écorce et le noyau . Leurs recherches se situent dans la continuité de Sandor Ferenczi qui était également originaire de Hongrie. Les psychanalystes appellent « cryptes au sein du Moi » des cas particuliers de deuil impossible lorsqu’une introjection n’a pas eu lieu. L’impos sibilité du travail psychique de l’introjection – qui a le bénéfice de lier les éléments des expériences nouvelles aux traces laissées par les expériences précédentes (traumatiques) – « l’individu réagit en enfermant à l’intérieur d’une partie de sa personnalité l’ensemble des émotions, des pensées et des représentations qui ont été mobilisées en lui lors de la situation éprouvante qu’il a vécue » (Tisseron 29). Une scène traumatique, qui peut être la mort d’une personne chère ou celle d’une autre perte, mène le sujet à incorporer ce mort ou un symbole associé à lui et à 69 Chanson des mal-aimants et Magnus .
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