AGAPES FRANCOPHONES 2025

SZILÁGYI Ildikó 201 l’indépendance de la poésie québécois e 92 , le souci relatif à la poésie française reste jusqu’à nos jours manifeste. Nous proposons d’étudier les racines françaises de la poésie québécoise d’un point de vue restreint, celui des formes poétiques. Il s’agira de montrer, à travers quelques exemples représentatifs, comment et pourquoi les formes caractéristiques de la poésie française sont empruntées, pratiquées ou abandonnées. Quels sont les modèles français qui inspirent les poètes québécois, obligés de « se souvenir, mais aussi [d’] inventer » (Beausoleil 1992) ? Quels sont les points communs et les éléments spécifiquement québécois ? Une attention particulière sera accordée à l’évolution du sonnet au Québec (Cunningham 2009), forme fixe ayant longtemps une place de première importance et bien vivante dans la poésie contemporaine même. Nous nous intéresserons aux sonnets d’ Émile Nelligan (1879- 1941) et à ceux des Exotistes (dont Paul Morin), pour y démontrer les diverses influences françaises. Nous évoquerons également le renouveau du sonnet dans la poésie québécoise des dernières décennies à travers les poèmes de Gilles Vigneault, Robert Melançon et Claude Beausoleil. Nous continuons par présenter le verset, une forme poétique spécifiquement francophone, touchant souvent à une thématique religieuse ou spirituelle et dont le succès au Québec est dû à l’importance du catholicisme et à l’influence du poète catholique Paul Claudel. Nous illustrons cette forme poétique moderne par le recueil Mystère de la parole d’Anne Hébert (1916 -2000), publié en 1960, à une époque charnière de l’histoire du Québec. Les poètes choisis sont parmi les auteurs les plus étudiés de la poésie québécoise (surtout Émile Nelligan et Anne Hébert). Mais les analyses qui concernent directement les formes poétiques utilisées dans leurs œuvres sont moins nombreuses. De surcroît, no us proposons d’établir un lien entre les choix formels de ces poètes et leur positionnement par rapport à la poésie française. Nous espérons dégager une vision d’ensemble de ces formes poétiques, de leur développement à travers les pays et les âges, en nous intéressant aux « enjeux et configurations d’un rhizome » ainsi constitué par des réseaux de relations (Gauvin 3). 1. Le sonnet au Québec 92 L’expression « littérature québécoise » n’apparaît que dans les années 1960, mais désormais elle désigne rétrospectivement l’ensemble de la littérature du Québec des origines jusqu’à nos jours.

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