AGAPES FRANCOPHONES 2025

Racine et les pathologies du pouvoir 14 J’enseigne dans mon salon, ce qui est peut -être très modeste, mais en même temps, c’est peut -être un retour au XVIII e siècle, ou au XVII e , à l’époque de Racine. Encore une remarque : contrairement aux autres conférenciers, je ne suis pas spécialiste du sujet dont je vous parle, c’est -à-dire Racine. Je ne suis pas spécialiste de Jean Racine. J’avais lu quelques -unes de ses tragédies quand je préparais mes concours à Paris. Mais je l’ai découvert petit à petit, tout d’abord parce qu’il est le plus Grec des tr agédiens du XVII e siècle. Il était féru d’Euripide et d’Aristote, donc cela m’a beaucoup intéressé de voir comment il reprenait des thèmes de chez Euripide. Et puis, je me suis mis à écrire un livre sur les pathologies du pouvoir. Là, prennent tout leur sens les références à ma carrière politique, parce que comme j’étais ministre, j’étais député, ambassadeur. La question des pathologies du pouvoir m’a beaucoup préoccupé, tout d’abord pour prendre soin de ma propre santé mentale. Être membre d’un quelconque gouvernement équivaut à un stage en hôpital psychiatrique. Et puis il faut être aussi introspectif parce qu’on n’est pas complètement indemne non plus. Et donc, c’était un sujet qui me préoccupait depuis longtemps. Ensuite, il ne faut pas oublier que nous avons grandi sous Ceauşescu, donc nous avons eu très tôt un enseignement poussé en matière de pathologie du pouvoir. Et, il y a moins de deux ans, je me suis mis à écrire ce livre que je portais enmoi depuis longtemps. Entre- temps, il est paru en France et paraîtra prochainement en Roumanie. Et donc j’ai commencé à m’intéresser encore plus à Racine en écrivant ce livre. Je vais vous raconter comment je suis arrivé à Racine. Tout d’abord, l’une des thèses principales de mon livre est que la pathologie du pouvoir est la chose du monde la mieux partagée, ce n’est pas seulement Poutine, Trump, Elon Musk, Călin Georgescu et autres. Non, c’est tout un chacun. Prenez un type, donnez -lui un badge, une grosse bagnole, un uniforme et vous avez déjà un petit tyran. Et d’ailleurs, dans notre société il y a des petits Ceauşescu à tous les niveaux. Petits ou un peu plus grands. Donc, c’est quelque chose de très commun et de très répandu. Mais l’intérêt pour la chose n’est pas équitablement partagé. Il y a une grande injustice. On a beaucoup plus écrit sur les rois, les reines, les princes, les grands de ce monde et on n’a pas suffisamment consacré d’attention aux pathologies du petit pouvo ir qui sont redoutables aussi. Bon, c’est l’injustice du monde, comme dirait Mme Gavrilă : « It is what it is, life is unfair ». Ça, c’est des plaisanteries entre nous, entre Roumains. On a une brillante politicienne qui parle un anglais merveilleux. Donc, il y a cette injustice de fait, et puis chez Racine, évidemment, on ne trouve que des rois, des reines, des héros et des princes. Maintenant, pour ce qui est de ce que j’appelle la pathologie

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