AGAPES FRANCOPHONES 2025
Métou KANÉ 255 textuels. Dans le même ordre, l’individu, ayant connu un passage par l’école française, intègre des valeurs occidentales, dont la pratique de l’écriture. L’écriture poétique devient, pour ainsi dire, le lieu d’une revendication identitaire ayant tout l’air d’un retour aux sources ancestrales. Nombreux sont les écrivains du Burkina-Faso et de la Côte d’Ivoire qui en font foi : Frédéric Pacéré Titinga et Azo Vauguy ; entre autres. Tel est l’angle sous lequel nous entendons réfléchir sur Quand s’envolent les g rues couronnée s 137 (2014) de Frédéric Pacéré Titinga et Zakwat o 138 ( 2009) d’Azo Vauguy. Au regard de ce qui précède, il nous reviendra de questionner le mécanisme scriptural qui éclaire, chez ces deux poètes, la manifestation phénoménologique de la pratique culturelle, reflet de valeurs ancestrales, dans leurs écritures poétiques. En raison de la nature poétique des œuvres choisies, nous optons pour la stylistique et la sociocritique, avec en toile de fond, la clarification de l’idéologie sous- jacente à ces œuvres. En d’autres termes, nous tenterons, par l’analyse des mots et des expressions, de mettre en exergue les fonds identitaires, vecteurs de retour aux sources, et la dimension idéologique qui sous-tend leur écriture. Sur cette base, notre travail s’articulera ainsi que suit : d’abord, nous parlerons de la pratique culturelle comme essence d’une esthétique littéraire ; ensuite, nous éluciderons l’oralité dans la poésie de Pacéré Titinga et d’Azo Vauguy ; pour terminer, le culturel et l’interculturel, perçus comme des caractéristiques humanistes, focaliseront notre attention. 1. De la pratique culturelle comme essence d’une esthétique littéraire Il est nécessaire, d’ores et déjà, de baliser le champ d’investigation de notre travail et, plus précisément, ce premier point qui en constitue la phase d’entrée. Pour bon nombre de poètes négro - africains, les réalités africaines constituent la mamelle nourricière de la création littéraire. C’est ce qu’affirme aussi Léopold Sédar Senghor : « Et puisqu’il faut m’expliquer sur mes poèmes, je confesserai encore que presque tous les êtres et choses qu’ils évoquent sont de mon canton : quelques villages sérères perdus parmi les tanns, les bois, le 137 Pacéré Titinga, Quand s’envolent les grues couronnées , Ouagadougou, Éditions Fondation PACÉRÉ, 2014. Dorénavant désigné à l’aide du sigle EGC, suivi du numéro de la page. 138 Azo Vauguy, Zakwato , Abidjan, Vallesse Éditions, 2009. Dorénavant désigné à l’aide du sigle Z, suivi du numéro de la page.
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