AGAPES FRANCOPHONES 2025

Métou KANÉ 265 Ulcéré, Dont le seul espoir, Était en sa progéniture ! Cette année-là, Vint La Terre du Fétiche. » (EGC 14). Une lecture attentive de cet extrait révèle une relation étroite entre le poète et Manèga avec en toile de fond l’impression d’une déclinaison généalogique. Selon nos recherches, « Manèga » est le village natal de Pacéré Titinga. La construction de son discours poétique autour de l’histoire est révélatrice de deux réalités : une poésie d’inspiration ancestrale et la sauvegarde de la tradition. Pacéré Titinga arbore ainsi les attributs du griot tel que décrits dans Soundjata ou L’épopée mandingu e 140 par Djibril Tamsir Niane : « Je suis griot. C’est moi Djeli Mamadou Kouyaté, fils de Bintou Kouyaté et de Djéli Kedian Kouyaté, maître dans l’art de parler. Depuis des temps immémoriaux les Kouyaté sont au service des princes du Manding : nous sommes les sacs à parole, nous sommes les sacs qui renferment des secrets plusieurs fois séculaires. L’Art de parler n’a pas de secret pour nous ; sans nous les noms des rois tomberaient dans l’oubli, nous sommes la mémoire des hommes ; par la parole nous donnons vie aux faits et gestes des rois devant les jeunes générations. » (1960, 9). En dépit des nouvelles technologies d’informations et de communication, la pratique du griot demeure. Dans les sociétés à castes comme la société Mosssé ou Mossi, la catégorisation est telle que chacun se meut dans les limites des attributions qui lui sont conférées. La poésie de Pacéré Titinga révèle cet attachement civilisationnel qui en emprunte à la culture Mossi dont il est originaire. Ce peuple est, à l’origine, organisé autour d’un Roi (EGC 5) avec le Griot comme « bibliothèque sociale ». Né en 1943 à Manèga, Pacéré Titinga est témoin oculaire de la désorganisation de son village par la colonisation : « Le tam-tam lourd des hérauts Adieu forêts de Koumbaogo Qui n’appellent plus les initiés Adieu forêts et termitières 140 Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l’épopée mandingue , Paris, Présence africaine, 1960.

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