AGAPES FRANCOPHONES 2025

Pratique culturelle et écriture poétique : les mots comme échos des identités culturelles dans Quand s’envolent les grues couronnées de Frédéric Pacéré Titinga et Zakwato d’Azo Vauguy 266 De l’antique terre des princes. Adieu tam-tam sylphides ! » (EGC 26). L’effondrement de Manéga est amorcé. Il se lit déjà à l’aune de la désorganisation de ses fondamentaux reposant sur ses croyances et son modèle social : « initiés » et « princes » que conforte la négation. À cet effet, le terme « Adieu » condense, à lui-seul, cette réalité. Plus loin, cette idée de décadence est confirmée ainsi que le montre ce passage : « C’était Manèga, Manèga ! Plus rien du présent, Plus rien du présent ! C’était Manèga, Manèga ! Il ne reste que de loin en loin, Adieu grandeurs et termitières … » (EGC 29). L’imparfait employé en début de cette strophe est révélateur de la métamorphose du village de Manéga. En effet, au présent de l’indicatif – « C’est Manéga » (EGC 5) – en début de l’œuvre, le poète a substitué l’imparfait de l’indicatif : « C’était Manèga ». Ce changement de temps traduit une décadence du village. L’idée de décadence est confirmée par les deux derniers vers : « Il ne reste que de loin en loin, / Adieu grandeurs et termitières ». Dans la tradition du griot, la narration s’accompagne de tam -tam. Ainsi, comme le griot, le discours poétique de Pacéré est rythmé, en effet, par des fréquences soutenues par ce tam- tam. Mais, nous n’en évoquerons, ici, que deux occurrences : – D’une part, la première occurrence : « Ainsi Battent les tam-tams Près Des Murs Maudits Quand s’envolent Les grues Couronnées ! » (EGC 26). – D’autre part, la seconde : « Le tam-tam lourd des hérauts,

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