AGAPES FRANCOPHONES 2025
Pratique culturelle et écriture poétique : les mots comme échos des identités culturelles dans Quand s’envolent les grues couronnées de Frédéric Pacéré Titinga et Zakwato d’Azo Vauguy 268 varient du physique au moral. Par la thématique principale et la forme dans laquelle elle est développée, Zakwato met en lumière deux informations importantes : la valorisation de l’oralité africaine et une quête de la liberté sans cesse renouvelée. Dans les deux cas, la portée sociale demeure fondamentale. Nous pouvons nous en apercevoir à partir de l’extrait ci -après : « Je suis l’éternité !!! Peuple d’Éburnie : Woooa ! Voici le Bagnon Gens de mon pays : Woooa ! Voici l’homme du refus Voici l’homme de la rupture Voici l’homme qui porte, depuis le berceau, les guirlandes de la vérité Peuple d’Éburnie : Woooa ! Voici le Bagnon ! » (Z 18-19). L’anaphore apparaît de manière quasi évidente : « Voici l’homme ». Le poète sublime le meneur de la lutte au moyen de superlatifs encastrés dans une série de métaphores comme l’attestent ces expressions : « l’homme du refus/ l’homme de rupture/ l’homme qui porte les guirlandes de la vérité. » C’est le prototype du meneur idéal ; un individu capable de résister et de donner de l’espoir à son peuple acculé. En raison de son contexte de publication, ce poème semble avoir été inspiré par une rébellion qu’a connue la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2010. En témoigne ce passage : « –Étranger, intrépide étranger qui violez mon sanctuaire, d’où venez - vous ? – Je suis du pays des ténèbres, là-bas où toutes les vies ont été réduites en cendres. Je n’ai plus de pays. La cité a été anéantie par les bras destructeurs des forces du mal. J’appartiens à un pays transformé en cimetière. Charognards, hyènes, loups et autres rapaces y trouvent leur pitance. Ils partagent leur proie avec la poussière. Horreur, terreur, misère, silence. » (2014, 45). Ce désastre humanitaire pose avec acuité l’urgence d’un sursaut national pour relever les défis du moment : la paix, la cohésion, la liberté et l’indépendance vraie. Pour ce faire, le poète entreprend de raviver des figures ancestrales de la bravoure : « Les temps, à cause de la fantaisie des hommes, ont enfoui ton nom dans l’abime de l’oubli, Zakwato ! Les temps à cause de la méchanceté des hommes ont enfoui l’histoire de tes hauts faits dans les rides de
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