AGAPES FRANCOPHONES 2025

Ko IWATSU 81 La Promesse de l’aube, publié en 1960. Il a été sélectionné pour les programmes scolaires, porté à l’écran deux fois, dont la deuxième adaptation, avec en vedette Charlotte Gainsbourg, est sortie au cinéma en 2018. La Promesse de l’aube retrace la vie de Gary de son enfance à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il est né en 1914 de parents juifs nommés Kacew, à Vilna, actuellement Vilnius la capitale lituanienne, attachée alors à l’Empire russe. Vilna est devenue Wilno après 1922, suite à la guerre soviéto-polonaise. Divorcée, sa mère Nina (en réalité, elle s’appelle Mina) élevait le petit Roman toute seule. Celui -ci parlait russe, yiddish et polonais dans son enfance. La première partie du roman présente les joies et les difficultés d ’une famille monoparentale, du point de vue d’un garçon très fier. La deuxième partie présente la mère et le fils installés à Nice, en France, en 1928. Le français, appris déjà dans ses années polonaises, devient sa langue d’expression, et il rêve de devenir un grand écrivain français. La troisième partie raconte qu’il s’est engagé comme aviateur dans la France Libre pendant l’Occupation des nazis, et il a écrit un roman entre deux vols. Il rêve ainsi de rendre justice à sa mère, avec les décorations et son premier roman enfin publié (il s’agit d’ Éducation européene , dont la traduction anglaise, Forest of Anger , a paru en 1944, avant l’original publié en 1945). Retourné à Nice suite à la victoire, il a découvert que Nina, morte depuis plus de trois ans, avait fait envoyer deux cent cinquante lettres à son fils pour lui remonter le moral. Sur l’époque que relate La Promesse de l’aube , Gary est deux fois déraciné : quand il est devenu polonais par le rattachement de Vilna russe à la Grande Pologne ; quand il a quitté la Pologne pour s’intégrer dans la société française. Dans les deux cas, Gary évoque des insultes et des humiliations qu ’il a subies dans les villes d’accueil. Il reste en exil, avec sa mère, où qu’il soit. À une question qu’on lui pose, en 1978, s’il se sent toujours immigrant -émigré, il répond : « Au sens où Albert Camus entend ait le mot “étranger”, oui, tout le temps. Au sens de déraciné, absolument pas. […] Lorsque vous avez été déraciné autant de fois que moi, le problème des racines devient une question de sacs de voyage dans lesquels vous les transportez. » (Gary [2005] 301). Curieuse remarque, d’autant qu’il refuse volontairement l’enracinement. Exil et retour constituent des thèmes récurrents de la mythologie. Si la vie de Gary est une série d’immigrations incessante, que puise-t-il dans les mythes ?

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