IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

112 cas dans (I’), (II’), (III’), (IV’), (V) et (VI) où l’information non-focalisée n’apparaît pas explicitement, matériellement à l’intérieur de la phrase. Rien n’empêche pour autant le locuteur de rajouter des éléments appartenant au même paradigme que celui auquel appartient l’élément qui se trouve dans la portée de peut-être . Pour conclure, la présence des enchaînements en tant que façons d’exprimer linguistiquement la possibilité s’avère indispensable afin de distinguer la portée du focus. La question qui se pose par la suite est de savoir quel est le statut de l’adverbe peut-être lorsqu’inséré dans une construction, telle : A, peut-être B . Porte-t-il sur la phrase prise dans sa totalité ou sur un constituant précis de celle-ci ? Qu’en est-il des valeurs syntagmatique et paradigmatique du focus exprimé par peut-être ? Autant de questions auxquelles nous essayerons de répondre dans la dernière partie de notre article. 1.3. Les nombres et l’approximation Après avoir précisé la notion de possibilité , il est temps d’en faire autant pour ce qui est de celle d’ approximation exprimée à travers les nombres. Comme dans le cas de peut-être , nous avons le sentiment de bien maîtriser le sens des nombres que l’on soit dans la position d’énonciateur 3 ou du destinataire 4 . D’où nous en tirons la conclusion qu’apparemment le sens des nombres est clair et facile à saisir aussi bien au niveau de sa production en discours par un locuteur, qu’au niveau de sa réception par un destinataire. Cela explique d’ailleurs la fréquence avec laquelle nous les retrouvons dans divers types de discours qui vont des discours produits dans la communication quotidienne (dans la rue, à la maison, au travail) jusqu’aux discours produits à la radio, à la télévision ou dans les journaux. Revenons à l’idée d’approximation. Pourquoi les nombres expriment-ils l’approximation, alors que, paradoxalement, ils devraient faire office d’indices de la certitude, car il n’y a rien de plus stable que d’écrire sous la forme d’un nombre : 3 ou d’écrire/dire sous la forme d’un mot : trois ? La stabilité est l’instruction d’une superposition de la quantité et de l’interprétation de cette quantité en discours. Tandis que l’approximation est le signe d’un écart entre les deux. Ce qui permet à trois de signifier, selon le discours dans lequel il est inséré, tantôt exactement trois (rien de plus, rien de moins), tantôt au moins trois ou au plus trois . Autrement dit, il est indispensable de distinguer dans le discours quantité et représentation, interprétation de la quantité. Les deux peuvent coïncider, mais pas toujours. Lorsqu’il y a écart, le 3 Par énonciateur , nous comprenons le responsable de la production d’un énoncé. 4 Par destinataire , nous comprenons l’instance énonciative à laquelle s’adresse l’énoncé produit par l’énonciateur. Diana Andrei

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=