IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

12 1956-1960. Après les études élémentaires suivies à l’« École de jeunes filles » 3 , elle entame ses études secondaires (collège) au Lycée « Constantin Diaconovici Loga » 4 , réputé pour l’exigence de ses enseignants et pour la discipline stricte imposée aux élèves. Elle y apprend la rigueur dans le travail, la constance dans l’effort, le sérieux dans tout engagement. Et à la fin de chaque année scolaire, lors de la remise des prix, elle est toujours première de sa classe. 1960-1964. Afin de préparer les élèves pour un futur métier, le programme scolaire comprend aussi des activités manuelles, telles que la « connaissance élémentaire de la production industrielle par des travaux pratiques d’atelier » 5 . C’est en façonnant des rondelles et des écrous dans l’atelier de l’école que la jeune Maria se rend compte que ses doigts fins sont faits pour jouer du piano plutôt que pour travailler au tour. Et comme elle aime la musique, en partie grâce à son professeur de collège – qui illustre ses leçons par des fragments joués au violon et qui instruit une chorale très appréciée lors des fêtes scolaires, à laquelle Maria participe avec entrain – elle s’inscrit au Lycée de musique 6 . Elle y étudie le piano avec le même investissement personnel dont elle a toujours fait preuve, encouragée par son oncle Enea Borza, musicologue, compositeur et maître de conférences au Conservatoire de musique de Cluj. Y trouvera-t-elle sa vocation ? Pendant quatre ans, elle alterne les exercices techniques avec les solfèges et l’étude des partitions, elle développe son doigté et sa mémoire auditive, elle participe aux spectacles de l’école et fréquente les salles de concerts et d’opéra de la ville. Et tout cela sans jamais négliger ses études théoriques. Cette expérience lui apprend la patience et l’endurance dans le travail répétitif, atouts qui, des années plus tard, lui feront cent fois sur le métier remettre son ouvrage afin de polir les textes de ses articles, de parfaire ses traductions, de trouver le mot exact dans tous ses écrits. L’affinement de son oreille musicale l’aide aussi à développer sa mémoire verbale qui lui fera apprendre avec aisance les langues – même celles dont elle commence l’étude à l’âge adulte –, acquérir avec facilité leur prononciation et manifester une sensibilité particulière pour l’esthétique des sonorités textuelles. Malgré ses bons résultats, elle ne se voit guère suivre une carrière dans la musique. D’abord, parce que le travail rigoureux et ciblé que ce domaine exige l’obligera à resserrer l’horizon de ses préoccupations intellectuelles. Ensuite, parce que l’amour de la langue française germe dans son âme : son père, qui avait obtenu sa licence en droit 3 Actuellement « Colegiul naţional pedagogic “Carmen Sylva” de Timişoara ». 4 Appelé « Şcoala Medie nr. 1 din Timişoara ». 5 Maria Ţenchea, interview « Aproape toţi din familie am trecut pe la Loga », in Titus Suciu & Vasile Bogdan, Noi, cei de la “Loga”, în oglinda veacului , Timişoara : ArtPress, 2019, p. 281-284. 6 « Şcoala de Muzică şi Arte plastice din Timişoara ». Eugenia Tănase

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