IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

138 figures, veille au choix des éléments qui renforcent la valeur poétique. Elle respecte le « principe de similarité et de contraste sémantiques », de même que « le parallélisme métrique et l’équivalence phonique » (Jakobson 1963 : 66-67). Son enjeu majeur est de restituer le « sens profond et symbolique du message poétique », tout en respectant la valeur contextuelle des éléments. La traduction poétique, comme toute pratique artistique, est avant tout expérience et dialogue avec la tradition. Elle conjugue art et technique, « conçus à la lumière des connaissances et des techniques acquises empiriquement », et doit être envisagée dans sa dimension créative autant que contrainte. Enfin, l’aborder dans une perspective sémiotique et sémantique (Ladmiral, 1979) permet d’en restituer à la fois la valeur stylistique et la portée herméneutique. CONCLUSION Latraductiondespoèmesd’Alexiuillustrelacohérenceentrelesréflexions théoriques de Maria Țenchea et sa pratique. Auteure de plusieurs ouvrages traductologiques, elle refuse de réduire la traduction poétique à un simple transfert linguistique et insiste sur l’importance de l’axe syntagmatique (Țenchea, 2006, 2012) ainsi que du rythme comme principe organisateur du texte (Țenchea, 2005). Son approche relève d’une fidélité « littérale » au sens bermanien, entendue comme ouverture à la lettre du texte, tout en assumant la nécessité de la recréation pour préserver l’expérience poétique et proposer aux lecteurs une expérience poétique probable. Sa démarche conjugue ainsi rigueur herméneutique et sensibilité esthétique, faisant de la traduction l’espace où théorie et pratique dialoguent. Georgiana I. Badea

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