IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

149 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA 1.2. Les noms généraux attitudinaux Avec un profil sémantique 8 et des propriétés syntaxiques qui les singularisent jusqu’à un certain point, les NSS constituent un ensemble important de lexèmes au sein duquel des linguistes ayant mené des recherches sur le sujet au cours des trente dernières années ont distingué plusieurs classes, dont la première – celle des factuels ( fait , chose , problème …), désignateurs ordinaires de l’état des choses ‒ contiendrait les meilleurs représentants du fonctionnement sous-spécifié, assimilables à une sorte de prototype, alors que la dernière ‒ celle des circonstanciels ( endroit , lieu , moment …) (Schmid 2000) ‒ se situerait à la périphérie de la catégorie générale. Estimant que l’ensemble en question est trop hétérogène et que ses contours vont demeurer flous aussi longtemps qu’on ne disposera pas d’une définition satisfaisante de la notion de « spécification », d’autres linguistes sont actuellement d’avis que les noms qui le composent ne possèdent la fonction de NSS que dans certains de leurs emplois (Roze et alii 2014, Huyghe 2018, Flaux 2021) ; comme tels, les mots visés relèveraient d’une catégorie fonctionnelle 9 plutôt que lexicale. Tel sera aussi notre point de vue dans la présente analyse. Ceci dit, ajoutons tout de suite une observation qui nous semble essentielle : si le contenu avec lequel les noms généraux sont en relation équative 10 (temporaire) dans certains de leurs emplois porteurs est influencé par le cotexte, varie avec la situation de communication et surtout dépend des options personnelles, de l’intention de communication du sujet d’énonciation, pourquoi ne pas y voir de véritables modalisateurs et les classer en adoptant la classification des modalités presque généralement admise à l’heure actuelle ? Cette position nous paraît d’autant plus naturelle que les énoncés impliquant la présence des noms sous-spécifiés ont tous une dimension évaluative plus ou moins marquée, parvenant à « perspectiviser » des portions d’information plus ou moins larges. (x) M. Sartre a voulu concilier le « réalisme » philosophique et l’« idéalisme ». Pour le premier, l’existence de la matière s’impose d’abord et constitue le postulat initial, mais on ne parvient pas ensuite à comprendre comment la matière a pu former une réalité si distincte d’elle-même qu’est l’esprit saisi dans l’intuition subjective. Pour l’idéalisme, le postulat premier est la conscience, mais il échoue alors à montrer comment la conscience peut connaître les objets du monde extérieur. 8 Le sémantisme des noms généraux semble être « à la fois constant (préétabli ; sens indépendant du contexte, sens sous-spécifié) et variable (dynamique, sens influencé par le contexte ou spécifié en contexte) » (Adler 2017). 9 Même fonctionnelle, la classe générale est à envisager comme une sorte de continuum allant des représentants prototypiques aux exemplaires marginaux (Flaux 2021). 10 Ou appositive, suivant d’autres points de vue présents dans la littérature.

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