IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

152 adaptées à ses pratiques ». Cet individu qui est à la fois « sujet dans la diversité de ses modes de relation au monde physique à travers différentes pratiques » et « locuteur dans l’expression de ses ressentis ou de ses connaissances du monde » (Cance & Dubois 2015) perçoit les « messages » qui lui parviennent de la réalité environnante, dynamique et changeante, et en parle à ses semblables tout en leur donnant son point de vue personnel ‒ mais qui n’exclut nullement une multitude d’influences idéologiques, politiques, religieuses, sociales… ‒ sur le contenu mis en paroles. Les noms énumérés sont donc des modalisateurs , marqueurs intrinsèques (Gosselin 2010 : 102) d’une certaine valeur modale, si cette valeur est dénotée : promesse , ou porteurs d’une valeur modale associée, si l’expression de la valeur modale relève du niveau sublexical (Gosselin 2010 : 331) : fait, scandale. Il nous faut préciser aussi que la présence d’une occurrence de cette catégorie de modalisateurs dans le discours suppose l’existence d’au moins deux types d’inférences : a) les actions accomplies par le sujet d’énonciation sont conscientes, intentionnelles ; b) les NSS en emploi porteur [+ évaluatif ] qui émaillent la communication ne peuvent fonctionner avec succès en l’absence de la présomption de sincérité (Gosselin 2010 : 331). Adler & Legallois (2018) reprennent à leur compte la classification des modalités proposée par Gosselin (2010) et distinguent six types de catégories modales dans la masse des NSS : (i) l’aléthique, qui inclut les NSS dénotant la vérité présentée dans ce qu’elle a d’objectif ( fait, chose, réalité, effet, résultat, conséquence… ) ; (ii) l’épistémique, qui réunit les NSS dénotant la vérité d’un sujet ( certitude, conviction, conclusion, sentiment, crainte… ) ; (iii) l’appréciatif, qui renvoie à un jugement subjectif, selon ce qui est ‒ ou non ‒ désirable ( intérêt, comble, problème, paradoxe, risque, erreur, drame, scandale, catastrophe, désastre… ) ; (iv) l’axiologique, qui rassemble les NSS exprimant des jugements de valeur de nature morale, idéologique ou légale ( honneur, mérite, habileté, faute…) ; (v) le boulique, qui regroupe les NSS impliquant une direction d’ajustement du monde à l’énoncé, en lien avec le désir, le souhait ou la volonté du sujet en train d’exprimer ses ressentis ( ambition, but, intention, désir, volonté, proposition… ) ; (vi) le déontique, qui réunit les NSS exprimant l’obligatoire, l’interdit, le permis ou le facultatif selon les institutions ( devoir, mission, responsabilité, interdiction, permission… ). Si nous sommes d’accord avec l’idée que, dans l’acception vraiment importante pour notre propos, le lexème attitude signifie ‘disposition, état d’esprit (à l’égard de qqn ou de qqch.) ; ensemble de jugements et de tendances qui pousse à un comportement’ ( NPR , 1993 : 152), nous pouvons souscrire à l’opinion de Martin & White (2005 : 35-36, 42-50) suivant lesquels l’attitude couvre : Alexandra Cuniță

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