IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

158 maternelle. […] On a des consignes pour en arriver à un tel pourcentage, et si nos notes sont trop ”sévères”, elles sont de toute façon ”corrigées” à la hausse. Seulement croyez-moi : les premiers à s’en plaindre sont les profs, car cette grande braderie du mois de juin ajoute à notre impuissance en cours face à des élèves qui ne travaillent plus… ! Le non-gréviste que je suis serait pourtant prêt à aller dans la rue pour manifester contre cette absurdité du bac […] » Adler ( id., 20-21) fait remarquer que l’absence d’une expansion qui indiquerait ultérieurement, avec exactitude, le contenu encapsulé par l’attitudinal absurdité ne mène à « aucune lacune informationnelle » puisqu’elle n’introduirait aucun référent nouveau. Le cotexte gauche permet de comprendre, nous dit-on, en quoi consiste l’absurdité du bac. En outre, « le maintien du référent bac dans l’expansion n’est […] pas superflu », car il révèle la cohésion instaurée par le NSS absurdité et le déterminant démonstratif cette : « comme le nom général peut renvoyer à des référents multiples en mention antérieure, la quête référentielle peut devenir moins aisée, les référents dans le contexte anaphorique ou la réalité mémorielle […] peuvent perdre de leur saillance ou se désactiver. Le rappel répond alors à cette situation de vague référentiel. » Comme il a été dit, dans l’exemple analysé, le cotexte gauche ‒ utile à quiconque voudrait voir quel est le contenu encapsulé par l’«enveloppe conceptuelle » absurdité ‒ offre une information trop riche pour que le récepteur du message ne soit pas obligé de faire un tri sur ce plan et d’exclure de l’« application référentielle » ce que l’attitudinal absurdité ne couvre pas. Quand une situation d’« antécédents dispersés » (Kleiber 1994) se présente, le récepteur est donc censé « activer la maxime de pertinence » … 2.2. Les évaluatifs en emploi porteur et les structures d’enchaînement dans les séquences textuelles : le cas des noms attitudinaux Comment se fait-il que des noms dont la pauvreté descriptive est telle qu’ils doivent chercher appui dans le (co)texte ou dans la situation de communication, pour subvenir à l’absence d’un sens inhérent, s’avèrent aptes à remplir des fonctions d’importance dans les productions discursives de tout genre ? L’explication réside sans doute dans leur faiblesse sémantique même, qui leur permet d’entrer dans un réseau de relations variées avec l’information que le contexte leur propose à proximité ou à distance, ce en échange de quoi ils munissent la « source émettrice » qu’est le locuteur de moyens d’expression plus faciles à mémoriser, manipuler et éventuellement à « reconvoquer », autrement dit d’un éventail d’« enveloppes » conceptuelles caractérisées par une certaine stabilité symbolique, à l’aide desquelles le sujet d’énonciation fait connaître ses ressentis en rapport avec une réalité, avec une expérience plus ou moins complexes. Alexandra Cuniță

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=