IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

15 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA Et puis, le soir, il y a la cinémathèque du lectorat français, qui familiarise les étudiants avec la culture française contemporaine, tout en leur permettant d’exercer leur compréhension de l’oral grâce au jeu des acteurs formés à la diction classique. Qui plus est, l’Université récompense ses meilleurs étudiants en leur offrant des abonnements aux spectacles de théâtre et aux concerts organisés dans les institutions culturelles de la ville. En plus de toutes ces activités auxquelles elle participe avec assiduité, l’étudiante Maria Ţenchea trouve le temps d’accorder du soutien scolaire en français à quelques jeunes lycéennes. Non seulement elle en profite pour systématiser ses propres connaissances, pour hiérarchiser les informations selon leur utilité pratique, mais en plus elle prend du plaisir à transmettre son savoir, à trouver les explications justes et efficaces, faciles à retenir, et à servir de modèle – un peu comme une grande sœur – pour ses élèves. Maintenant les choses sont claires : elle sera professeur. Par vocation et par passion. À la fin de sa troisième année d’études (à l’été de 1967), elle participe aux cours d’été organisés par l’Université de Caen pour les étudiants étrangers. Elle a enfin l’occasion de découvrir ce pays dont ses parents ont gardé la nostalgie pendant des années. Elle n’en est pas déçue : les images de ce voyage la hantent longtemps après, les lieux et les monuments visités lors des voyages organisés lui reviennent régulièrement en tête. Elle se rappellera toujours de petites scènes de la rue, des fragments de vie surpris au hasard des déplacements en ville, des personnages anonymes observés dans leurs activités quotidiennes. Elle admire les Français pour deux qualités, chères à son cœur : leur professionnalisme – sérieux, responsabilité, capacité d’organisation dans le travail –, et leur spontanéité. Ces deux traits résument bien d’ailleurs l’antagonisme des deux cultures, celle de l’Occident et celle de l’Orient européens, des deux sphères d’influence politique, des deux types de sociétés. Au cours de sa dernière année d’études (1968-1969), Maria Ţenchea prépare son mémoire de licence portant sur « La phrase segmentée en français contemporain », recherche menée sous la direction de l’un de ses professeurs préférés, Ioan Niculiţă. Un condensé de ce travail constituera, en 1970, son premier article publié. 1969-1972. En 1969, classée majeur de promotion de sa génération, Maria Ţenchea choisit 16 de revenir à Timişoara, comme assistante stagiaire à la Faculté des Lettres, où la toute jeune section de français fête sa première année d’existence. Elle est contente de travailler avec de jeunes adultes, d’autant que l’admission des étudiants à l’université se fait à la suite d’un concours qui garantit leur qualité. 16 Les licenciés frais émoulus des universités, classés en fonction de leurs résultats, choisissaient leur premier poste dans l’enseignement à la suite d’une « répartition nationale ».

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