IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
16 Cette qualité, quantifiable à travers les connaissances en français des candidats, témoigne aussi de leur intérêt pour le domaine choisi, de leur capacité d’effort, de leur investissement dans l’étude, puisque souvent les résultats au concours s’appuient sur une préparation supplémentaire. Il en découle que le niveau des étudiants en début de cycle universitaire est supérieur à celui qui résulterait des huit, dix ou onze années d’enseignement du français organisé par les écoles et les lycées du pays. Le bon niveau des étudiants oblige aussi les enseignants à une préparation minutieuse de leurs cours. Les six heures de travaux dirigés hebdomadaires qu’un assistant stagiaire est tenu de donner demandent toute une semaine de travail préalable, partagé entre la conception des leçons, l’organisation du contenu, la documentation et la rédaction des supports pour l’activité en classe. L’effort est d’autant plus ardu que la jeune Chaire de français de Timişoara n’a pas encore de manuels ou de méthodes d’apprentissage propres, à recommander. Les charges didactiques des jeunes stagiaires 17 sont complétées par des activités censées synchroniser leurs connaissances théoriques et leurs pratiques en classe avec l’actualité de la recherche en France et avec les tendances lancées par les spécialistes français. Dans le contexte de l’époque, le lectorat de français 18 apporte un support inestimable aux enseignants de la Faculté des Lettres : grâce aux revues spécialisées 19 dont il finance l’abonnement, il permet aux professeurs de se tenir au courant des nouveautés dans leur domaine. C’est un grand avantage dont bénéficient les universitaires des années ‘70, après les décennies d’isolement intellectuel du pays, dicté par la politique de méfiance envers la pensée et le savoir venus de l’Ouest. Alors, l’assistante Maria Ţenchea – ainsi que ses collègues, d’ailleurs – parcourt les derniers numéros des revues reçues à la bibliothèque du lectorat, dont elle présente des articles de son choix au cours des réunions de la Chaire. Elle participe aussi aux réunions périodiques de la Société de linguistique romane, où elle parle de ses recherches personnelles, à commencer par son mémoire de licence, avant de passer à ses préoccupations de date plus récente. 1972-1976. Au bout de ses trois années de stage, Maria Ţenchea passe son concours pour devenir assistante titulaire à la Chaire de français (septembre 1973). L’épreuve théorique et la leçon démonstrative tenue devant la classe d’étudiants en présence de la commission d’examen confirment encore une fois sa valeur. Son 17 La Chaire de français de Timişoara avait aussi accueilli, la même année, Eugenia Ieremia, fraîche émoulue de l’Université de Bucarest, et en 1970, Aurelia Ticuşan, de l’Université « Babeş-Bolyai » de Cluj. 18 Créé en 1966, lorsque le français avait reçu le statut de spécialisation mineure à la Faculté des Lettres de Timişoara. 19 Parmi lesquelles Langue française, Langages, Le français dans le monde . Eugenia Tănase
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