IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

214 sujet de l’histoire racontée et jugent le comportement des personnages du conte (le Roi François I er , la Reine Claudine, la sœur du roi, Marguerite, et le gentilhomme énamouré). En termes de narratologie, c’est un exercice d’autoréférentialité portant sur le processus de la création artistique qui est en train de se faire sous les yeux du lecteur et sous le signe du suspense, car rien n’est prévisible, tout est inconnu. De ce point de vue, le corpus de l’ Heptaméron est formé des commentaires des anecdotiers, à savoir des ‘méta-textes’ littéraires ou d’une métalepse, selon la notion de Genette (voir la note no.1). NOTE SUR LA TRADUCTION Notre traduction a utilisé l’édition de l’ Heptaméron parue chez Flammarion en 1982, une édition critique signée par Simone de Reyff qui en a réalisé l’introduction, les notes, la chronologie, le glossaire et la bibliographie. Selon la spécialiste de l’Université de Fribourg, le texte de base est celui du manuscrit français no. 1512 de la Bibliothèque nationale, noté par A, restitué en 1942 par l’édition de Michel François. Ce manuscrit, auquel les spécialistes de l’œuvre de Marguerite de Navarre font presque toujours référence, est plus connu d’après le nom de son premier éditeur moderne : manuscrit François. D’ailleurs, il y a deux éditeurs renaissants du recueil de la reine de Navarre, à savoir Pierre Boaistuau et Claude Gruget qui, le premier en 1558, le second en 1559, ont publié les premières éditions de ce texte canonique de la littérature française. Les deux ont donné leur propre titre à cette chrestomathie d’historiettes : respectivement Histoires des Amans fortunez (Boaistuau) et Heptaméron (Gruget). Ce dernier est consacré par l’histoire de la littérature française, car il est plus proche des intentions de l’écrivaine, à savoir écrire un ‘Décaméron’ français, selon le modèle de Boccace. Marguerite de Navarre, Heptaméron , I ère journée, IV e nouvelle (Paris, Flammarion, 1982, p. 66-73). Quatrième nouvelle Téméraire entreprise d’un gentilhomme à l’encontre d’une princesse de Flandres, et le dommage et la honte qu’ il en reçut. Il y avait au pays de Flandres une dame de si bonne maison qu’il n’en était point de meilleure, veuve de son premier et second mari, desquels n’avait eu nuls enfants vivants. Durant sa viduité, se retira avec un sien frère dont elle était fort aimée, lequel était fort grand seigneur et mari d’une fille de Roi. Ce jeune prince était homme fort sujet à Ramona Malița

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