IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

239 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA précisions sémantiques non formulées dans le texte de départ, mais qui se dégagent du contexte cognitif ou de la situation décrite ». L’implicitation est le résultat d’une économie « qu’on obtient en ne reformulant pas explicitement dans le texte d’arrivée des éléments d’information du texte de départ » (Delisle, 2013 [1993] : 44). L’explicitation est analysée dans le contexte de la traduction des verbes d’expérience subjective tels que voir , entendre ou sentir , du français vers le roumain, par Maria Ţenchea (1999) : « Dans l’opération traduisante on a souvent recours au procédé de l’ explicitation 1 , consistant à introduire dans le texte d’arrivée (en L 2 ) un ou plusieurs termes qui n’apparaissent pas dans le texte de départ (en L 1 ) » (Țenchea, 1999 : 25). Ces termes, appelés « explicitants » s’accompagnent « d’une modulation ou d’une réorganisation actancielle de la phrase » ( idem ). Maria Țenchea remarque, à juste titre, que l’explicitation se différencie par rapport à d’autres procédés tels que l’étoffement, l’ajout, l’expansion ou l’amplification par lesquels l’on introduit des termes qui n’apparaissent pas dans le texte à traduire où l’on procède à l’expansion de termes ou syntagmes présents dans le texte de départ. L’explicitation, quant à elle, permet « l’accès cognitif à l’information » (Țenchea, 1999 : 25). La relation implicite – explicite en traduction est évoquée également par Michel Ballard (2004) : « En traduction, le parcours de la relation implicite – explicite inclut donc celui des relations : présence – absence ; hyperonyme – hyponyme ; terme – pronom » (Ballard, 2004 : 90). Ballard (2004 : 91) traite de l’explicitation de l’anglais vers le français, comme Delisle (cf. supra ), sous l’angle de l’étoffement : « rétablissement d’éléments effacés dans le texte de départ » (dans un syntagme numérique ou un référent culturel évident pour le lecteur d’origine), « insertions diversement justifiées » (étoffement sémantique, étoffement stylistique, l’insertion de pronoms compléments en français). Ballard (2004 : 92) recommande l’explicitation pour l’utilisation d’un terme plus précis (par exemple, le terme anglais city est spécifié par le nom de la ville de New York ) afin de faciliter la compréhension du contexte par le public cible. L’implicitation est utilisée dans le cas des verbes anglais à particule, réduits en français étant donné que la particule est implicite dans la traduction vers le français (Ballard, 2004 : 92). Les spécialistes mettent en évidence la différence, d’une part, entre explicitation et ajout , et d’autre part, entre implicitation et omission : The distinction between explicitation and addition is concerned with the extent to which new information introduced in the target text can reasonably be claimed to be implicit in the source text. The distinction between implicitation 1 C’est l’auteur qui souligne.

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