IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

24 de découvrir les publications récentes sorties des presses universitaires locales. Alors, quand ses collègues ou ses étudiants ont besoin d’un livre, d’un repère bibliographique, c’est à elle qu’ils s’adressent en premier. Sur le plan scientifique, les années 1980 apportent à Maria Ţenchea ses premières confirmations internationales. Au début de l’automne 1983, elle participe au XVII e Congrès International de Linguistique et Philologie Romanes, tenu à l’Université de Provence (Aix-en- Provence). Elle y présente une communication en prolongement de son sujet de thèse, exposant devant un public de romanistes sa comparaison entre « Les systèmes des prépositions temporelles en français et en roumain ». Le texte de sa communication paraît deux ans plus tard, dans les Actes du Congrès. Elle participe aussi avec une communication au XIV e Congrès international des linguistes (Berlin, 10-15 août 1987) 41 . Si la recherche proprement dite est méthodologiquement la même pour tous les linguistes présents à ces rencontres périodiques, les participants de l’Europe de l’Est – et les Roumains en particulier – déploient deux fois plus d’efforts afin de remplir toutes les formalités administratives préliminaires à la rencontre de leurs collègues de l’Ouest. On commence par demander la permission de « voyager » à l’étranger à l’Assemblée générale du personnel de l’institution. Là, les collègues discutent des compétences professionnelles et scientifiques de l’intéressé et de ses qualités morales qui le recommandent pour représenter son université et son pays. Le vote des confrères, généralement favorable, n’est qu’une formalité. La demande doit encore être approuvée par la direction de l’université et par le plus haut représentant du parti unique dans l’institution, qui garantissent avec leur fonction qu’une fois l’événement terminé leur subalterne retournera dans son pays. Avec toutes ces recommandations en poche, on procède aux formalités pour obtenir un passeport, ensuite un visa, et puis le droit de détenir des devises en vue du voyage. Patiente et tenace, Maria Ţenchea ne décourage pas : la fréquentation de la direction universitaire à laquelle elle fait signer chaque été la situation des « charges didactiques » de la Chaire de français l’a aguerrie. Qui plus est, elle a su garder des relations décentes avec tout le monde. Ce sont des atouts dont elle saura bien se servir à l’occasion. Et puis, toute cette peine est généreusement compensée par la satisfaction de voir accepter ses articles par les rédactions étrangères, comme une reconnaissance des efforts faits pour se tenir informée des avancées scientifiques dans son domaine, pour avoir son mot à dire, un mot qui compte aux yeux des spécialistes d’ailleurs. 41 Pour les références de la version publiée dans les Actes du Congrès, v. la « Biobliographie » qui suit. Eugenia Tănase

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