IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
26 Les premières élections libres sont organisées dans l’Université à l’automne 1990. Pour la convaincre d’assurer la conception des programmes universitaires, la nouvelle direction lui propose le poste de chancelier de la Faculté. À partir de ce moment, elle va occuper successivement toutes les fonctions de décision dans la Faculté des Lettres : chancelier (1990-1992), vice-doyen (1992-2004), doyen (2004-2009). En 1990, les effectifs d’étudiants de la Faculté des Lettres augmentent brusque ment : toutes les chaires de langues ouvrent leurs portes aux étudiants de première année ; en plus, les contingents en cours peuvent opter pour le prolongement de leurs études d’une année supplémentaire (la cinquième) 44 . Les programmes inaugurés en 1990 prévoient un parcours universitaire de cinq ans généralisé. Malheureusement, ces programmes ne concerneront que trois promotions, la cohorte 1992-1997 étant la dernière à en bénéficier. C’est une époque d’enthousiasme intellectuel et social, favorable à la section de français : l’ouverture des frontières, l’orientation culturelle du pays vers l’Occident, l’accroissement du nombre d’heures consacrées à l’étude des langues dans les écoles et les lycées attirent de plus en plus de candidats vers l’étude des langues. La Faculté des Lettres de Timişoara propose aussi des spécialisations nouvelles, comme l’espagnol, l’italien et les langues classiques. Au fil des années, les Lettres sont l’incubateur pour des spécialisations naissantes – philosophie, théologie orthodoxe –, dont certaines formeront des Facultés autonomes : la psychologie, la sociologie, les sciences de la communication (journalisme), les arts, la musique, la section de théâtre en langue allemande, l’éducation physique. La croissance soudaine de l’institution pose des défis inattendus : il faut gérer non seulement le grand nombre d’étudiants, mais aussi le grand nombre de combinaisons entre les spécialisations majeures et mineures disponibles. Ainsi, les langues étrangères peuvent être étudiées en tandem, entre elles ou avec le roumain, mais aussi en mineure avec la géographie, l’histoire, le journalisme, la théologie, la bibliothéconomie. Il faut concevoir des programmes qui donnent le même poids aux langues étrangères, quelle que soit la spécialisation qu’elles doublent. Les capacités que Maria Ţenchea avait développées dans ses activités adminis tratives précédentes s’avèrent indispensables – et salutaires –, une fois de plus. Et la responsabilité de ces programmes pèsera sur ses épaules jusqu’en 2004, compliquée par les changements permanents auxquels est sujette l’éducation, entre la création du 2 e cycle (études approfondies), l’acquisition de l’autonomie universitaire et la possibilité du financement supplémentaire des institutions, l’intégration européenne du pays 44 Cela oblige les professeurs à proposer des cours optionnels et des activités qui n’avaient pas été prévues en début de cycle et qui ne doivent pas se superposer aux contenus déjà transmis. Eugenia Tănase
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