IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

27 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA et l’alignement du système universitaire roumain au modèle de Bologne. Pendant quatorze ans, Madame Ţenchea, dans sa qualité de responsable des programmes d’études, consacrera la majorité de son temps au bon fonctionnement de sa Faculté. La renaissance de la Faculté des Lettres de Timişoara demande aussi des forces supplémentaires à même de soutenir toutes les activités didactiques envisagées. On ramène les enseignants temporairement répartis dans d’autres services à leur chaire d’origine, on organise des concours pour recruter de jeunes assistants. Et tandis que les nouveaux arrivés se chargent d’assurer les travaux dirigés et les séminaires, leurs aînés proposent des cours spécialisés pour les années terminales et pour le deuxième cycle d’études. Maria Ţenchea profite de l’occasion et de son expérience en matière de traduction pour concevoir un cours optionnel destiné aux étudiants de IV e année. Ce cours aux activités majoritairement pratiques attire un si grand nombre d’étudiants qu’il obligera sa titulaire à trier son auditoire afin de permettre aux autres enseignements optionnels de réunir leurs effectifs minimaux. La méthode de travail semble simple et naturelle : en partant d’un texte littéraire proposé pour la traduction, on discute les difficultés de vocabulaire rencontrées, on revoit les questions de grammaire impliquées, on propose des variantes individuelles, on les analyse, on relève les cas de dissemblances lexicales et syntaxiques entre les deux langues, on les retient. L’exercice permet une révision détaillée des connaissances en français et il affine, en même temps, la perception des nuances sémantiques chez les apprentis traducteurs. Les étudiants s’en régalent. Ils en sortent transfigurés de découvrir des choses insoupçonnées dans leur propre langue qu’ils avaient l’habitude de traiter superficiellement. Ils s’accoutument petit à petit à la logique de la phrase française, à l’ordre et à la raison qu’il faut instaurer lors d’une traduction. Ils apprennent aussi une certaine discipline de la pensée. Ce cours laisse des traces impérissables dans la mémoire des promotions qui ont eu la chance de le suivre. Bien des années plus tard, il est le premier à refaire surface quand on évoque ses souvenirs universitaires. La pratique de la traduction en classe encouragera Maria Ţenchea, devenue maître de conférences (février 1991), de créer un « module » de traduction-terminologie à la rentrée 1998. Le but de ce programme sera de professionnaliser les traducteurs issus de la formation en langues traditionnelle. Alors qu’une partie des étudiants continueront leur préparation à la didactique des langues, les disciples de Maria Ţenchea auront droit à des UV de traduction spécialisée, de terminologie, d’initiation

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