IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
28 à la traductologie, à l’interprétariat, à l’informatique 45 . Cette filière mènera les licenciés au cycle d’études approfondies dédiées, où ils compléteront leur formation par des cours de traduction/terminologie et normalisation (roum. standardizare ), de phraséologie, de terminographie, de documentation et de rédaction dans le domaine technique 46 . Débordant d’énergie et désireuse de jeter des ponts entre les Facultés des Lettres de son pays, elle s’engage à assurer, en tant que professeur associé, une partie des cours de langue française enseignés à l’Université d’Oradea (1997-2004). Les liens établis à cette époque se transformeront en relations de collaboration scientifique avec ses anciennes étudiantes, devenues universitaires à leur tour. En complément de ces projets didactiques, Maria Ţenchea consacre du temps aux traductions, encore ; cette fois ce seront les siennes. Les temps y sont favorables. Au début des années 1990, les Roumains éprouvent une faim de lecture insatiable. La presse libre remplace les publications qui, auparavant, avaient joué le rôle d’organes du parti unique. Les rédactions travaillent en feu continu pour gagner leur part de marché. Les élans de sympathie de l’Occident à l’adresse de la Roumanie n’étant pas encore éteints, les journalistes étrangers reflètent chacun des événements qui agitent la scène sociale et politique de ce pays qui a tenu en haleine leur public pendant les fêtes d’hiver de 1989. Les quotidiens roumains rapportent régulièrement ces mentions de la Roumanie dans les grands journaux de l’Ouest. Leurs rédactions cherchent des collaborateurs connaissant des langues étrangères, pour suivre les infos d’ailleurs. Les revues de culture s’ouvrent encore plus naturellement aux références venues d’un Occident pris pour point de repère dans le tournant qu’on souhaite prendre : on publie des traductions à côté des textes originaux : pour renouer le lien avec le berceau de la civilisation européenne, pour mettre à jour le goût des lecteurs, pour imposer de nouveaux standards dans la presse écrite. À l’invitation de quelques collègues universitaires, mais aussi écrivains et rédacteurs de la revue Orizont 47 , Maria Ţenchea prépare la version roumaine de deux fragments philosophiques tirés des Soirées de Saint-Petersbourg de Joseph de Maistre, 45 Elle-même avait suivi, en préparation de son projet didactique, un stage intensif de formation en traductologie, organisé par le Service Culturel Français à l’Institut français de Bucarest (1992), ainsi qu’un stage Tempus de préparation à l’utilisation des technologies multimédia, tenu à Craiova (juin 1997). 46 https://litere.uvt.ro/litere-old/vechi/documente_pdf/aticole/uniterm/ uniterm1_2004/mpitar1.pdf 47 Revue littéraire de l’Union des écrivains de Roumanie, qui paraît à Timişoara depuis 1964. En décembre 1989, l’aile libérale de sa rédaction donne un nouveau souffle, intellectuel, à la publication qui, durant les dernières années de la dictature, était devenue un hebdomadaire social, politique, littéraire et artistique. Eugenia Tănase
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