IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

34 Elle fait de même avec quelques-uns de ses articles, qu’elle n’a pas cessé de reprendre et de modifier au gré de ses expériences de lecture et de traduction ultérieures à la date de leur parution dans des revues et des volumes collectifs. Elle réunit dans son volume Études contrastives (français-roumain) 65 des écrits consacrés chacun à un problème de langue – grammaire et/ou vocabulaire – qu’elle aborde en vertu de sa complexité logique dans la langue source et de la richesse de ses correspondances dans la langue cible. La matière de l’ouvrage est organisée en trois sections. La première traite des prépositions françaises depuis et dès , des valeurs sémantiques contextuelles de l’adverbe là , des expressions aspectuelles du français, envisagées dans une perspective contrastive en rapport avec le roumain. La deuxième partie présente certaines classes et catégories grammaticales du roumain – comme le système des pronoms relatifs, le mode « présomptif » ou l’infinitif long – sans équivalent direct et univoque en français. L’auteur y propose aussi des solutions de transposition linguistique pour les traducteurs. Les contributions de ces deux premières sections témoignent de la formation savante de leur auteur, ainsi que de sa vaste pratique de traducteur. Le troisième volet du recueil d’articles est le résultat de l’expérience didactique de Maria Ţenchea. Elle y aborde la question des fautes terminologiques dans le domaine de la grammaire, rencontrées chez ses étudiants roumanophones. On peut y lire aussi un parallèle intéressant entre certaines constructions grammaticales du roumain contemporain et de l’ancien français, suscité par les fautes interférentielles observées dans sa pratique didactique. Après ce moment de bilan et de remise en ordre de ses préoccupations passées, Maria Ţenchea aborde une nouvelle étape dans sa carrière et dans ses activités intellectuelles. 2000-2010. Les années 2000 commencent bien pour la Faculté des Lettres de Timişoara : les effectifs d’étudiants continuent d’augmenter grâce à l’instauration, à la fin de la décennie précédente, du système des études payantes, en supplément des places financées par l’État. Les premières générations de professeurs de langues formés à Timişoara, sur le point de prendre leur retraite, encouragent leurs meilleurs élèves à suivre une formation similaire pour prendre la relève. D’ailleurs, au début des années 2000, la perspective d’une carrière didactique attire beaucoup de candidats : les postes y sont stables et la rémunération décente dans le contexte économique de l’époque. Le grand afflux d’étudiants est une aubaine mais aussi un défi pour la Chaire de français de Timişoara. Les cohortes successives de 90 étudiants en spécialisation 65 Timişoara, Editura Hestia, 1999, 173 p. Eugenia Tănase

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