IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
35 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA majeure et quelque 120 en mineure font croître le nombre des groupes et donc d’activités didactiques, ce qui conduit à la multiplication des postes dans le tableau collectif des charges. On cherche du personnel supplémentaire, capable d’assurer les travaux dirigés et les travaux pratiques en français. On recourt aux licenciés de la Faculté des Lettres des générations antérieures. Mais la situation permet aussi d’ouvrir les concours de promotion interne pour les enseignants titulaires. Sérieuse dans son travail didactique, prolifique dans son activité scientifique, toujours active et présente dans la vie de son institution, Maria Ţenchea accède – en mars 2000 – au poste de professeur des universités, en reconnaissance de ses mérites professionnels et personnels. Toute promotion dans la carrière universitaire entraîne – entre autres – la réduction des charges didactiques. C’est ainsi que Maria Ţenchea renonce à son cours d’Histoire de la langue française, dont elle avait été la titulaire unique pendant un quart de siècle. Le cours disparaît de ce fait du programme d’études. Elle envisage aussi de préparer son successeur 66 pour le cours de Syntaxe du français, en lui cédant une partie de ses groupes d’étudiants, en lui confiant ses supports de cours, en lui fournissant les ouvrages indiqués dans la bibliographie, en lui prodiguant des instructions et ses meilleurs conseils. En échange, elle construit minutieusement ses cours de traduction, de traductologie, de normalisation dans la traduction, qui s’adressent aux étudiants en master. En renonçant à une partie de ses cours de formation générale, elle diminuera aussi son auditoire. Si, pour les générations des trois décennies précédentes, elle avait été l’une des figures centrales de la Chaire de français de Timişoara, qu’on évoque toujours avec plaisir, dont on demande encore des nouvelles, la plupart des étudiants d’après l’an 2000 la connaissent comme la vice-doyen de la Faculté et non comme l’enseignante dévouée qu’elle continue d’être. Or, c’est dans les cours que son charisme opère, c’est là que ses étudiants prennent conscience de sa rigueur, de ses connaissances, qu’on découvre ses petites pointes d’humour glissées entre les lignes, ses fins jeux de mots, qu’on admire aussi sa culture. En tant que vice-doyen, elle est censée se tenir à l’écoute des étudiants, s’informer de leurs problèmes – de scolarité, de logement, personnels, familiers, financiers et autres –, ce qu’elle fait avec la même disponibilité, la même patience et avec toute la bonne volonté d’y trouver des solutions pratiques, comme elle le faisait jadis pour 66 Adina Tihu (n. 1957), ancienne étudiante de la Faculté des Lettres de Timişoara, enseignante à l’Université de l’Ouest depuis 1990, membre de la Chaire de français depuis 1991, proche collaboratrice de M. Ţenchea dans l’organisation du Colloque de Linguistique française et roumaine, éditrice des Actes de ce Colloque.
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