IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
69 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA R. M. : Nous, vos anciens disciples, nous savons que l’une de vos qualités-maîtresses est la persévérance. Quelles seraient les raisons ou les racines de votre fermeté de caractère ? M. Ţ. : J’y vois – pour une grande part – un héritage de mes parents et grands- parents, qui m’ont transmis un certain nombre de principes et de valeurs : le goût de la chose bien faite, le désir d’un travail sérieux et systématique, un désir d’équilibre et de clarté. Poursuivre dans la voie que j’avais choisie impliquait la recherche de la performance : maîtrise de plus en plus sûre de la langue française, compétence sans cesse améliorée dans le maniement des outils de la linguistique, compétence traductionnelle sans cesse améliorée. R. M. : Au début de votre carrière professionnelle et universitaire, vos études et recherches ont été consacrées à la linguistique générale et contrastive, puis la préoccupation pour la traductologie et les traductions est devenue plus prégnante. Quelles seraient les raisons de ce passage de la linguistique vers la traductologie au cours des années ? M. Ţ. : Il y avait, au départ, l’intérêt pour les langues en général, de façon toute particulière pour le français et le roumain. La réflexion linguistique s’est développée au fur et à mesure, à travers la préparation des cours, avec l’étude de corpus et grâce à des lectures qui m’ont aidée à acquérir des repères conceptuels et méthodologiques fermes, dans tous les domaines de la linguistique : phonétique, grammaire, lexique, pragmatique. L’analyse contrastive s’est imposée de soi, puisqu’il s’agissait d’identifier les convergences et les divergences entre le roumain et le français, les deux langues en rapport d’apprentissage. Avec les étudiants, lors des travaux dirigés, on pratiquait la traduction didactique, et aussi, dans une certaine mesure, la traduction littéraire. J’ajouterai que je garde un agréable souvenir des moments où j’accompagnais les participants aux concours de traduction organisés pour les étudiants des facultés à profil philologique ou non philologique, à Timișoara ou dans d’autres villes universitaires. J’ai toujours pratiqué – et aimé – l’activité traductionnelle. Je dois préciser que j’ai fait surtout des traductions du roumain vers le français, ce qui était parfois une gageure…Avant 1989, j’ai effectué toutes sortes de traductions écrites (qui sont restées anonymes…), telles que : articles scientifiques, résumés d’articles, lettres, documents officiels, etc., pour répondre à des sollicitations impératives de l’Université ou bien pour rendre service à des collègues ou amis. J’ai également pratiqué, à l’occasion, l’interprétation (de conférence et de liaison), sans néanmoins avoir suivi une formation spéciale : il fallait parfois s’improviser interprète, réagir avec rapidité… Heureusement, ça s’est toujours bien passé.
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