IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

72 la traduction didactique. Ce que l’on traduit, ce sont des textes, donc des unités discursives globales et cohérentes (et non pas des mots et des phrases) : c’est une idée essentielle, à souligner pendant les cours de traduction, dans la formation des futurs traducteurs. Eh bien, voilà dix principes (« dix commandements ») sur lesquels je m’appuie aussi bien dans ma pratique traduisante que dans l’enseignement des pratiques de la traduction aux étudiants : 1. Compétence linguistique : connaissance approfondie de la langue cible (et maîtrise de la langue source, cela va de soi). 2. Analyse du texte source : domaine, type textuel, particularités discursives, contexte et situation, etc. 3. Compétence traductologique (ou pratico-théorique) : le traducteur doit être familiarisé avec certains repères théoriques et avec divers procédés de traduction. 4. Compétence culturelle (la traduction est un transfert interculturel). 5. Documentation (dans le cas des textes spécialisés) : assimilation de la terminologie propre au domaine envisagé et consultation de textes-témoins. 6. Consultation des normes ISO (Organisation Internationale de Normalisation) concernant les services de traduction. 7. Dialogue avec l’auteur – si la chose est possible – afin de résoudre certains problèmes d’interprétationque soulève le texte source (œuvre littéraire, ouvrage philosophique…). (En fait, la traduction est un processus herméneutique, une interprétation du sens du texte de départ.) 8. Autorévision du texte traduit. 9. Relecture obligatoire / révision du texte traduit par une personne qualifiée. 10. Discernement dans l’utilisation des nouvelles technologies (IA) : s’en servir, et non pas s’asservir … En résumé, je retiendrai deux repères essentiels, aux multiples facettes : la documentation (consultation et analyse de documents) et le dialogue (dans un sens très large : avec des personnes, avec des textes ou avec des machines). Et je ne manquerai pas de souligner l’idée que la traduction est un état de veille ou d’alerte constante … R. M. : En tant que chercheur chevronné en linguistique et observateur sagace de l’expression en français, tant à l’oral qu’ à l’ écrit, comment qualifieriez-vous les tendances actuelles de parler (en français et en roumain) ? Quels seraient les facteurs de ces changements ? Ramona Malița

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