IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

86 différents domaines, avec beaucoup d’enthousiasme et d’énergie. Quelles ont été ces activités de militance sur les plans scientifique, culturel et académique ? Sur le plan scientifique, Maria Ţenchea a adhéré à plusieurs sociétés savantes, internationales et nationales. Elle s’est inscrite ainsi, en France, à la Société de Linguistique Romane (SLR) fondée à Paris, en Sorbonne, en 1924. Elle a fait partie ensuite, dès sa création, de la Société d’Études des Pratiques et théories en Traduction (SEPTET) qui a été créée en 2005 auprès de l’Université de Strasbourg II « Marc Bloch ». Cette société de traduction universitaire a été la première à être établie en France en vue de réunir tous ceux qui s’intéressent à la théorie et à la pratique de la traduction dans les milieux universitaires. En Roumanie, Maria Ţenchea a également rejoint très tôt la Societatea de Ştiinţe Filologice ou Société des Sciences Philologiques (SSF), et la Societatea Română de Lingvistică Romanică (SRLR), deux sociétés savantes implantées à Bucarest. Ces adhésions témoignent de ses engagements professionnels et scientifiques. Les affinités électives sont mystérieuses. Les hasards ne le sont pas moins. Une double invitation inattendue de la part de l’association Fradev (pour France-Deva), une association culturelle franco-roumaine, a eu d’innombrables répercussions sur les relations entre l’université de l’Ouest et l’université d’Artois. Cette association Fradev avait été créée en 1992 pour gérer un jumelage entre la ville de Deva, en Transylvanie, et la ville d’Arras, en pays d’Artois. La chronologie a été la suivante : le 01 septembre 1993, je suis nommé professeur de littérature comparée à l’université d’Artois. En avril 1994, je suis aussi invité par la ville d’Arras à aller donner à Déva, devant cette association Fradev, une conférence sur ce qui avait été mon sujet de thèse de doctorat d’État en France, à savoir « La Figure du dictateur dans les romans français et anglais de 1918 à 1984 ». La conférence a eu lieu le 16 avril 1994. Mon propos terminé, une auditrice s’est approchée de moi et s’est présentée. C’était Maria Ţenchea. L’association Fradev l’avait aussi invitée à venir m’écouter. Cette sollicitation aurait pu ne pas avoir eu lieu. Mon exposé l’avait intéressée. Il aurait pu l’ennuyer. Elle voulait au contraire que je le renouvelle devant ses propres étudiants, à Timişoara, à l’Université de l’Ouest, ce qui fut fait le 18 avril 1994, deux heures avant que je ne reprenne l’avion pour Paris, à l’aéroport de Timişoara, afin de revenir en France. Rien n’avait laissé prévoir cette rencontre. Cet événement a été pourtant le point de départ des relations entre nos deux Universités, ce qui a contribué au rayonnement international de l’Université de l’Ouest, en linguistique, et, en littérature comparée, de l’Université d’Artois. Le hasard, on le constate, y a joué un grand rôle. Sur un autre plan, associatif, Maria Ţenchea a été parallèlement une militante active. En 1996, ses mérites scientifiques, didactiques et culturels ont été reconnus par Alain Vuillemin

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