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224 Constantin JINGA Rembrandt fut marqué par la mort prématurée de son fils, Titus van Rijn, âgé de vingt-six ans 2 . Le Retour du fils prodigue (huile sur toile) a des dimensions considérables (262 x 205 cm) ; il fait partie aujourd’hui de la collection du Musée Ermitage à Saint-Pétersbourg. Ce tableau s’inscrit dans la vaste production d’œuvres d’inspiration biblique, réalisées par le maître hollandais. Comme on le sait bien, Rembrandt a souvent été considéré comme un peintre biblique, par excellence. Au cours de sa vie, il a produit plus de trois cents œuvres (tableaux, gravures, eaux fortes) et plus de cinq cents esquisses et croquis d’inspiration biblique, tirés à la fois de l’Ancien et du Nouveau Testament, sans éviter les thèmes ou les personnages des livres deutérocanoniques. Cela malgré le fait que les thèmes bibliques n’étaient pas nécessairement prédominants, en général, dans les préoccupations des peintres des Pays-Bas du XVIIᵉ siècle et qu’ils ne constituaient pas non plus une demande majeure sur le marché de l’art de l’époque. En synthèse, nous pourrions dire que, dans l’ensemble, les artistes contemporains de Rembrandt étaient orientés davantage vers la représentation des portraits, des paysages naturels, des scènes de la vie populaire et des natures mortes, qu’ils abordaient dans une perspective non seulement décorative, mais aussi symbolique 3 . Ils ne recherchaient pas particulièrement des sujets à thématique religieuse explicite. Sans être en décalage avec son temps, Rembrandt s’écarte de ce « canon ». La plupart de ses œuvres d’inspiration biblique évitent les grandes scènes spectaculaires, à fort impact émotionnel, ou les illustrations idylliques et sentimentales de passages de la Sainte Écriture. Il se concentre davantage sur les relations interpersonnelles entre les personnages représentés, sondant les profondeurs de la condition humaine. D’une part, l’artiste révèle les ressorts intimes de la foi et, d’autre part, il dévoile, avec une sincérité presque cruelle, l’influence de la parole biblique sur le moi. Il semble, en effet, que la Bible n’ait pas représenté pour Rembrandt une simple collection de livres religieux anciens, importants pour leurs messages ou contenus spirituels, mais qu’elle ait constitué, tout au plus, le livre dans lequel il se retrouvait lui-même, il lisait dans ses tréfonds et se 2 Les informations concernant Rembrandt et le tableau intitulé Le Retour du fils prodigue sont tirées de Nouwen 2017 ( passim ), et Nouwen 1992 (p. 65-66, passim ). Évidemment, nous avons également utilisé Gombrich 2012 (420 et suiv .). 3 Voir Segal et Snethlage 2012.

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