Filiation protéiforme | 2026

245 Au nom du Père ... Avec Rembrandt, Au-delà des collines , à la recherche de la pertinence du texte biblique, aujourd’hui différente par rapport à ce que nous étions habitués. Le texte biblique reste pertinent, non nécessairement sur le plan institutionnel, ni par des formules prescrites, ni par des significations toujours repérables dans des exégèses consacrées. Dans un contexte qui semble avoir dépassé la postmodernité, nous sommes peut-être déjà à la fin de ces démarches qui ont extrait du texte une multitude de significations, justes et utiles sans aucun doute, dont les résultats ont déjà été codifiés dans des croyances, des gestes et des symboles, des formes rituelles exercées liturgiquement, des modèles de comportement adoptés, et des réalités institutionnelles aux fonctions bien définies, tant spirituelles que sociétales. Mais de nos jours, le texte biblique est déjà hors institution. Au début de ces réflexions, notre opinion était que la Sainte Écriture ne propose pas un texte figé dans une seule lecture, accompagnée par des significations immuables. L’une des fonctions essentielles de la Bible réside précisément dans sa capacité à déconstruire tout stéréotype, en engageant chaque lecteur prêt à entrer dans un dialogue authentique avec la richesse des significations de la parole biblique et avec la multitude de niveaux interprétatifs qu’il peut choisir d’explorer ou de mettre de côté. Maintenant, à la fin de ces remarques, nous constatons que cette caractéristique du texte biblique a des implications plus larges et plus profondes par rapport à ce que nous étions prêts à accepter au départ. Les tableaux, la littérature, le cinéma, l’art en général offrent des moyens de compréhension pertinents concernant l’évolution de la réception du texte biblique dans la culture postmoderne où la liberté de choisir les sources et de manipuler des fragments du passé, issus de l’héritage religieux et culturel existant, est illimitée. Selon la formule consacrée de Zygmunt Bauman, le contexte culturel actuel ne repose plus sur des normes, mais sur des offres et des opportunités. Ce contexte est « omnivore », car toute circonstance est susceptible, temporairement au moins, de jouer le rôle de « foyer » pour un phénomène culturel préexistant. Selon Bauman (2011, 13-14), il ne s’agit pas simplement d’un changement de paradigme, mais plutôt d’un passage d’une ère de pensée paradigmatique à une ère post-paradigmatique, les deux saisissables dans l’histoire de la culture. Dans ce contexte, il y a des fragments bibliques qui sont souvent exploités par des auteurs qui, selon Hugh S. Pyper (2012, 3), ont probablement été éduqués dans une culture imprégnée de contenus scripturaires, mais qui n’ont jamais lu un seul passage biblique, à vrai dire. Ainsi, même un regard superficiel, comme le nôtre, sur certaines productions

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