AGAPES FRANCOPHONES 2019

Ioana-Rucsandra DASCĂLU Université de Craïova, Roumanie _____________________________________________________________ 118 Ferrari articule son texte, qu’il s’agisse d’un passé récent ou d’un passé plus distant. Dans notre approche, nous nous sommes appuyée sur le classement grammatical des adverbes ayant la fonction de complément circonstanciel : des adverbes en emploi « scénique » (surtout des spatio-temporels), des adverbes de commentaire phrastique et des adverbes de commentaire énonciatif (Riegel, 652-653), montrant la prépondérance évidente de ceux « scéniques » dans le roman analysé. Nous avons également fait appel aux définitions dédiées à la comparaison dans les ouvrages de stylistique, grâce auxquelles nous avons mis en évidence les traits de cette figure, surtout grâce à l’unité de signification qu’elle forme avec la métaphore. Ainsi résulte-t-il que la comparaison est dépourvue de poéticité et de mystère, se situant du côté de la rationalité et de la logique, par rapport à la métaphore qui est plus chiffrée. Nous nous proposons aussi de démontrer comment la comparaison a disimili est réalisée à défaut de terme comparant, remplacé justement par les adverbes spatio-temporels. Un autre point d’intérêt est la manière dont le narrateur sait-tout rend le trouble profond que vit le personnage central, le prêtre catholique, par la tension stylistique de l’écriture, très soutenue et poursuivie jusqu’à la fin du roman. 1. La comparaison comme tension stylistique Ce sont notamment les circonstants « scéniques » spatio-temporels qui servent de charnière entre le passé et le présent et qui assurent la structure cohérente du matériel romanesque. Comme il s’agit d’une remémoration qui s’étend tout au long du livre, l’écart temporel est plutôt large, depuis la naissance du personnage féminin et jusqu’à sa mort, en août 2003, alors que le cadre spatial ne dépasse pas les confins de la Corse. Les circonstants sont très nombreux dans le roman, le texte se matérialisant autour des simples adverbes ou des expressions « spatio-temporelles » plus développées. À l’instar d’un refrain, ces références temporelles et spatiales se retrouvent presqu’à chaque page du roman, lui donnant l’apparence de la réalité et reliant un passé doux au présent tragique. L’écriture du roman est issue de la difficulté de se résigner à la mort d’une jeune femme de trente-huit ans ; c’est un style attristé parcouru par la tension entre le passé remémoré et le présent imbu de

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