AGAPES FRANCOPHONES 2019

Dorottya MIHÁLYI Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 184 Fontarce de bien préparer son voyage. Au contraire, Rezső Tóth, faute de connaissances linguistiques, n’a que les récits de ses prédécesseurs hongrois pour se forger quelques préconceptions. Cette différence détermine aussi la manière du partage des informations : le public français demande un peu moins de précision, tandis que pour les lecteurs hongrois, l’Afrique du Nord est entièrement inconnue. Ainsi, Tóth doit accorder une attention particulière au transfert des connaissances. Pour cette raison, les outils qui lui permettent de décrire l’inconnu grâce aux ressemblances jouent un rôle particulier dans la construction du texte. Cependant, le récit de voyage de De Fontarce n’est pas moins riche en comparaisons. À partir des comparaisons relevées dans les deux textes, nous pouvons préciser trois groupes. Dans le premier figurent les comparaisons avec des comparants tirés du pays d’origine du voyageur, dans le deuxième celles dont le comparant se rapporte à un autre pays visité autrefois et, enfin, le comparant du troisième groupe est le résultat d’une observation faite pendant le voyage qui est en train de se dérouler. Dans notre cas, le comparé est toujours la réalité vue dans le pays de destination, seul le comparant change. Il faut noter que les types de comparaisons ne sont pas forcément isolés. Ils peuvent varier et plusieurs types peuvent apparaître à l’intérieur d’une seule description. Nous allons trouver des exemples pour ce mélange des comparaisons dans ce qui suit. Les voyageurs préfèrent les comparaisons du premier type car, dans ce cas, le public-lecteur connaissant bien le comparant peut plus facilement se représenter l’image décrite. Cependant, l’image ainsi créée sera fausse car une réalité ne peut exister qu’en un seul lieu. Tóth utilise souvent ce type de comparaison pour montrer les similitudes entre la Hongrie et l’Afrique du Nord, pour aider le lecteur à s’orienter, à comprendre un monde inconnu et très différent du sien. Le premier groupe de comparaisons peut souligner que le clivage entre les deux civilisations n’est pas aussi grand que l’on aurait pu croire. Dans le récit de voyage de Tóth, ce type de comparaison est réconfortant pour le lecteur hongrois car elle lui montre que les « acquis » de sa nation sont partout présents. « Renseignements généraux pour touristes vers l’Algérie et la Tunisie dans la deuxième moitié du XIX e siècle », in Timea Gyimesi et Enikő Szabolcs (dir.), Dispositifs & Transferts. Littératures et cultures en large et en travers , Szeged, JATEPress, 2019.

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