AGAPES FRANCOPHONES 2019

Approcher ou éloigner par la comparaison ? Le cas de deux voyageurs au Maghreb colonial _____________________________________________________________ 187 utcáink, hatalmas és unalmas épületek : biróságok, iskolák, kaszárnyák 10 . (1904, 19) À Oran, il constate que la ville, qui est bâtie sur une colline, ressemble avec son port à « […] mint valami óriási gyermek megkezdett Dobostortája. » 11 (Toth 1904, 23) Une grande quantité de comparaisons de cette sorte porte le danger de ne pas suffisamment montrer les différences des deux pays pour le public lecteur. Or, elle devrait justement attirer l’attention sur l’altérité (Guyot 2012, 33). Le pays d’origine occupe une place encore plus importante dans le système de comparaison utilisé par de Fontarce que dans celui de Tóth. À Tunis, tout lui rappelle Menton (sa ville natale) : il y trouve un « escalier raide dans le genre de ceux du vieux Menton » (de Fontarce 1896, 32) et de « nombreux orangers chargés de fruits, ni plus, ni moins qu’à Menton » (de Fontarce 1896, 39-40). Il ajoute que « Dans la campagne assez cultivée, les oliviers sont nombreux, mais ils paraissent maigres, maladifs et sont loin d’avoir la luxuriance de ceux de Menton » (de Fontarce 1896, 40). La température, la végétation et l’aspect général de Carthage ressemblent aussi aux conditions de sa ville d’origine. Lors d’un voyage en train, tout en contemplant le paysage, de Fontarce constate une similitude d’ordre morphologique : Très peu après El Kantara, deux ou trois tunnels et nous arrivons tout à coup sur une forêt véritable de palmiers qui rappelle la verdure des oasis. Ce massif de palmier se trouve au pied même d’un haut rideau de montagnes qui concentrent sur lui les rayons du midi, comme il en est à Menton. C’est une situation analogue. (1896, 49) Alger occupe une place privilégiée dans les deux récits de voyage. Cela est dû à son double statut, plein de contradictions. Il s’agit d’une ville francisée, quasiment considérée comme ville française qui porte en elle les traits de l’Orient classique. Trumet de Fontarce souligne avant tout son caractère français : « Alger est une ville européenne et française, percée en général de belles et 10 « Le tramway nous a emmené de la place [du gouvernement] au Svábhegy algérois, la Mustapha supérieure. Les rues dans lesquelles il a circulé en sonnant, avaient l’air comme les rues modernes de Terézváros qui viennent d’être construites chez nous : bâtiments énormes et ennuyeux – tribunaux, écoles et casernes. » (Nous traduisons) 11 « Un gâteau Dobos entamé d’un enfant gigantesque. » (Nous traduisons)

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