AGAPES FRANCOPHONES 2019
Dorottya MIHÁLYI Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 188 grandes rues dont beaucoup sont à arcades comme la rue de Rivoli. Les maisons y sont, dans le quartier français, hautes et bien bâties. » (1896, 67) Suite à un séjour à Alger, de Fontarce continue son chemin vers Oran où, comme ailleurs, il retrouve des endroits « familiers » : Nous sortons de la vieille ville par une route qui longue un ravin profond rappelant assez le val de Menton. […] La route que nous suivons, par une assez grande courbe, nous ramène à la ville haute que nous avons déjà vue le matin. Oran, comme Alger, est inégal, montueux, on trouve à chaque instant des rampes d’escalier qui mettent en communication un point avec un autre. (1896, 74) D’après ces exemples, nous pouvons voir que le pays d’origine et le lieu d’habitat sont le plus souvent l’objet de renvoi. Cependant, parmi les trois groupes de comparaisons, ce premier porte le plus grand risque de tromper le lecteur, et il contribue le plus à créer une image lointaine de la réalité qui mélange les éléments de deux cultures souvent très différentes. Cette constatation est surtout valable pour le récit de voyage hongrois, car dans ce cas, la différence culturelle est plus grande que dans le cas du voyage français où nous pouvons tout de même relever quelques similitudes, par exemple au sujet du climat de deux rives de la Méditerranée. Le deuxième groupe de comparaisons est souvent inutile, car il réfère à une réalité que le lecteur ne connaît pas. C’est-à-dire que le voyageur explique l’inconnu par un autre inconnu. Il est évident que tout lecteur ne sera pas capable de se le représenter. La première impression de Tóth était que Tunis ressemble à Malte : « […] akár Málta felé tartanánk. Ugyanaz az ég, az a tenger, s közelebbről a villogó fehér háztömeg. » 12 (1904, 7) Plus tard, il reprend la même figure : « Hatalmas, szép katedrális, belül egészen a máltai templomok képmása ; […]. » 13 (Tóth 1904, 8) Malte n’est pas seule à dominer les premières impressions. Lors de la description de la modernité de Tunis, l’auteur recourt aux images de Paris et de Budapest en soulignant à quel point Tunis ressemble aux pays européens : « Tágas, kényelmes, szabad, világos és új itt minden és mindenfelé. Hosszú sor árkád a házak 12 « […] comme si on allait vers la Malte. Le même ciel, la même mer et, en approchant, la même masse blanche des maisons. » (Nous traduisons) 13 « Cathédrales énormes et belles, à l’intérieur comme si elles étaient à l’image de celles de Malte. » (Nous traduisons)
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