AGAPES FRANCOPHONES 2019

Dorottya MIHÁLYI Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 190 l’incompréhension chez le lecteur, car le voyageur fait souvent référence aux informations qu’il n’avait pas précisées auparavant. Les comparaisons « internes » sont nombreuses chez de Fontarce. Suite à un séjour à Alger, il continue son chemin vers Oran où, comme ailleurs, il retrouve des endroits « familiers ». Pour les présenter, il accumule plusieurs types de comparaison : Nous sortons de la vieille ville par une route qui longue un ravin profond rappelant assez le val de Menton. […] Oran, comme Alger, est inégal, montueux, on trouve à chaque instant des rampes d’escalier qui mettent en communication un point avec un autre ; […]. (de Fontarce 1896, 74) Sur la colline d’Oran, il se trouve une cathédrale qui est « exactement comme la Notre dame d’Afrique [sic] à Alger » (de Fontarce 1896, 74) On apprend aussi que « La vie est presqu’à tous égards européens. Les arabes y sont sensiblement moins nombreux qu’à Tunis ou même à Alger » (de Fontarce 1896, 74). Dans un village près de Biskra, de Fontarce visite les bazars avec sa compagnie : « Nous rentrons par le même village et visitons les bazars bien plus modestes et plus réduits que ceux de Tunis ; nous y faisons quelques menues acquisitions. » (1896, 62) Avec le temps, la magie de l’Orient inconnu perd de sa valeur. Cela se voit dans la remarque suivante : « Après dîner, dernière visite au café des Ouled-Kaïl. La danse du ventre, comme on dit vulgairement, n’y est plus séduisante que le premier jour. » (de Fontarce 1896, 62) Un sujet souvent évoqué par de Fontarce est la situation de la femme dans les colonies françaises. Sa première observation est que les femmes à Tunis sont aussi rares que les voitures à Venise (de Fontarce 1896, 12). En revenant plus tard sur le sujet, il fait une comparaison entre citadine et campagnarde. Il trouve que cette dernière est plus libre mais moins heureuse, car « elle est traitée comme une bête de somme » (de Fontarce 1896, 15). Puis, il compare la femme obligée de faire des travaux durs aux hommes fainéants et paresseux. Cela résulte une image de la femme opprimée, voire exploitée (de Fontarce 1896, 14-15). Après avoir franchi la frontière entre la Tunisie et l’Algérie, Armand Trumet de Fontarce visite Constantine, qu’il compare à Tunis :

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=