AGAPES FRANCOPHONES 2019
Dorottya MIHÁLYI Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 192 et de comparaisons fausses qui portent une caractéristique souvent contradictoire. Il s’émerveille de la culture arabe et des différences causées par la distance géographique. Cependant, il parle de l’exotisme sur un ton plein de dénigrement. Il ne mentionne pas la présence française ; en revanche, il parle des villes européennes. Le fait qu’il effectue son voyage dans une colonie reste secondaire : il sera seulement souligné à son arrivée au Maroc qui est encore un pays libre à ce moment. Ce qui était strictement « français » pour Dde Fontarce, devient « européen » pour Tóth. C’est-à-dire que chez Tóth, l’apparition de la culture, des habitudes, de la technique et des établissements politiques différents de la tradition arabe est due surtout à une influence européenne et non pas exclusivement à la présence française. Dans l’ensemble, sa description, même si elle reflète une admiration de la culture arabe, détruit les croyances sur le caractère singulier, exotique des pays de l’Afrique du Nord. Évidemment, pour une étude complexe, une comparaison plus approfondie des deux textes serait nécessaire. C’est-à-dire qu’on devrait connaître plus profondément le personnage et le statut social des deux voyageurs et on devrait étudier l’histoire de la réception des œuvres. Outre cela, on pourrait faire une analyse encore plus profonde sur l’itinéraire des voyageurs et sur le contenu des textes. Cependant, une analyse aussi minutieuse dépasserait les limites de cet article. En guise de conclusion, nous pouvons constater que l’utilisation de la comparaison comme instrument de description est très fréquente chez les auteurs des récits de voyage. Un auteur peut s’en servir pour décrire, pour concrétiser et pour aider le lecteur à imaginer. L’analogie et la comparaison paraissent donc indispensables à l’écriture du récit de voyage. Si nous analysons de plus près les comparaisons utilisées, nous pouvons constater qu’elles peuvent être réparties dans plusieurs groupes en fonction de leur organisation, notamment selon le comparant qui peut être une réalité existante dans le pays du voyageur, dans un pays tiers (ni le pays d’origine, ni le pays de destination) ou dans le pays de destination. Comme le lecteur ne connaît en général que son propre pays, la comparaison est très dangereuse dans les récits car elle peut provoquer des malentendus, et contribue ainsi à la propagation d’une image irréelle, falsifiée. Le public-lecteur se laisse prendre facilement en retenant quelques mots ou noms familiers, mais qui n’ont en réalité aucune relation avec les choses vues dans le pays visité.
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