AGAPES FRANCOPHONES 2019

Comparaison des motifs autobiographiques dans l’œuvre de Anaïs Nin et de Sidonie-Gabrielle Colette _____________________________________________________________ 197 l’identification de Sidonie-Gabrielle Colette à l’héroïne de ses romans autobiographiques, Claudine. Puis, nous mettrons en relief le personnage qui a contribué le plus à façonner la personnalité de l’auteure, c’est-à-dire sa mère, Sido. En outre, nous analyserons les thèmes homo-érotiques dans l’œuvre de Colette, basés principalement sur le roman Le pur et l’impur et sur le cycle de Claudine. La question de l’autofiction et de l’autocréation apparaîtra également dans l’analyse des motifs autobiographiques présents dans l’œuvre d’Anaïs Nin. À partir de son journal intime, y compris celui qui sera plus tard transformé en romans et en récits, nous examinerons la relation de l’écrivaine avec son père, qui a marqué la vie et l’écriture de l’artiste. Le thème controversé de l’inceste sera considéré comme un acte de purification et une expérience inspirée du surréalisme. Dans la dernière partie de l’article, nous entreprendrons une analyse des fragments qui décrivent la relation entre Nin et l’épouse d’Henry Miller − June. Dans cet article, nous allons essayer de montrer comment la vie a influencé la fiction littéraire et comment l’autocréation a marqué la vie des deux écrivaines. Les chercheurs se demandent depuis longtemps s’il est possible de séparer les expériences privées de la création littéraire. L’écriture féminine est souvent accusée d’auto- thématisme et d’auto-analyse, ce qui suggère que cela équivaut à une baisse du ‘niveau littéraire’ du texte. La voix féminine n’est toujours pas assez entendue, mais grâce aux exemples de Colette et d’Anaïs Nin, cet état de réalité littéraire et non-littéraire peut être progressivement modifié. Le concept d’ autobiographie : vérité et fiction Le mot autobiographie est enregistré à la fin du XVIII e siècle, tiré de la langue des Grecs anciens ( autós + bios + gráphõ = j’écris la vie moi- même), mais les textes qui ont commencé à être lus à travers cette idée ont été écrits depuis longtemps. Il suffit de mentionner la Lettre VII de Platon, les Confessions de Saint Augustin ou les Essais de Michel de Montaigne. Plus tard, au tournant des XIX e et XX e siècles, un nouveau genre littéraire intéressant s’est développé − le roman autobiographique (bien que sa définition ait été assez difficile pour les chercheurs). Les frontières entre la réalité et la fiction ont commencé à s’estomper. L’autobiographie, en tant que genre inévitablement subjectif, rencontre l’aspect créatif de la mémoire, qui inspire

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