AGAPES FRANCOPHONES 2019
Natalia PARTYKOWSKA Université d’Opole, Pologne _____________________________________________________________ 198 l’esthétisation des contenus, et donc la reconnaissance multiple de la supériorité de la forme sur la précision et l’engagement pour la vérité. L’histoire de l’autobiographie est donc étroitement liée au développement de l’autofiction et du roman autobiographique, qui suggèrent souvent que le lecteur ne doit pas traiter la réalité décrite trop littéralement 1 . Décrire sa propre vie peut prendre diverses formes − lettres, confessions, essais, ainsi que des journaux intimes et même des poèmes -, c’est pourquoi il est si difficile de définir une autobiographie et de la traiter directement comme un autre genre littéraire. L’un des principaux problèmes de recherche reste la distinction entre autobiographie et fiction. Selon l’un des théoriciens les plus célèbres de l’autobiographie, Philippe Lejeune, l’œuvre, pour être considérée autobiographique, elle doit remplir plusieurs conditions (discutées par l’auteur dans son livre Le pacte autobiographique ). Les plus importantes seraient sans doute l’identification de l’auteur avec le narrateur et l’identification simultanée du narrateur avec le protagoniste du texte. En général, on suppose que l’autobiographie, en tant qu’histoire de vie, suggère l’identification du nom inscrit sur la couverture avec le narrateur et le protagoniste. Lorsqu’il est différent (par exemple dans la série des romans de Colette sur Claudine, où les noms de l’auteur et de l’héroïne sont différents), le lecteur peut néanmoins supposer que le texte est autobiographique, à partir d’autres textes et informations. C’est légèrement différent dans le cas du roman autobiographique. Le pacte romanesque reste en vigueur, l’auteur contient lorsqu’il veut éliminer la suspicion de similitude des événements avec sa propre vie (qui échoue souvent si l’identité du texte ou de ses éléments avec la biographie est réelle). Ensuite, l’auteur donne au protagoniste un nom différent du sien, ou confirme le caractère fictif de l’œuvre en ajoutant un sous-titre « roman ». En ce qui concerne le roman autobiographique et les genres similaires, Anna Turczyn utilise le terme d’ autofiction , fréquemment employé par les chercheurs d’aujourd’hui. Turczyn explique l’autofiction en tenant compte de la psychanalyse, qui nie la possibilité de s’analyser soi-même. Cependant, en tant qu’auteur, on peut « stworzyć fikcyjne przeniesienie, czyli taką sytuację w tekście, w której przy zachowaniu autentyczności miejsc, osób i wydarzeń z życia bohatera, w opowieści narratora usłyszy się swoje pragnienie » 2 (Turczyn, 209). Selon cette 1 Voir Damien Zanone, L’autobiographie , Paris, Ellipses, 1996, pp. 27-30. 2 « Créer un transfert fictif, c’est-à-dire une situation dans un texte dans laquelle,
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