AGAPES FRANCOPHONES 2019
Natalia PARTYKOWSKA Université d’Opole, Pologne _____________________________________________________________ 202 Sido Mais ce n’est pas Willy qui a réveillé en Collette l’appel de l’écrivain : « Jeśli już od kogoś [dostała pióro do ręki], to od matki, a jeśli od czegoś, to od dzieciństwa spędzonego na wsi. » 5 (Dolatowska, 8). Pour comprendre vraiment le personnage de Colette, il faut connaître celui de sa mère, Sido. Elle a eu une influence énorme, sinon cruciale, sur la personnalité de l’écrivaine, sur ses croyances et sur ses choix de vie. Sa féminité sans entrave a inspiré la petite Colette et l’a rendue célèbre pour son ouverture d’esprit et pour son courage affirmer le rôle des femmes dans la famille et la société. « Model kobiety odrzucającej stereotypy (...) uświadomił jej pewne ograniczenia dziedziczone kulturowo oraz utrwalił postawę pozytywną, postawę wolnej kobiety, (...) jaka charakteryzować ją będzie w dorosłym życiu. » 6 (Ledwina, Sidonie Gabrielle Colette..., 31). La vérité que l’on peut observer dans les lettres est que Colette a parfois négligé le contact avec sa mère, même lorsque celle-ci était mourante. La fille, occupée par une nouvelle pièce, n’est même pas venue assister aux funérailles. Plus tard, cependant, dans les travaux de Colette, sa mère est prise pour une déesse et elle est clairement idéalisée : « Elle vécut balayée d’ombre et de lumière, courbée sous des tourmentes, résignée, changeante et généreuse, parée d’enfants, de fleurs et d’animaux comme un domaine nourricier » ( La maison de Claudine , 23). Sido, décrite par sa fille, était une sorte d’archétype antique d’une mère de rites païens − un symbole de sagesse, d’abondance et de pouvoir féminin. Sans compromis, elle aimait la vie, essayait de vivre sa plénitude et d’implanter cet amour chez ses enfants. Mais les tentations du grand monde ne lui étaient pas étrangères : Sido se rendait à Paris tous les deux ans pour visiter des expositions, voir des pièces de théâtre et découvrir la dernière mode : « Elle revenait chez nous lourde de chocolat en barres, de denrées exotiques et nous unit, qui fait de nous les images miroirs qui nous marquent les uns les autres. Tu es Claudine, et je suis Colette. Nos visages jumeaux jouent à cache- cache depuis longtemps. » (Notre traduction) 5 « Si de quelqu’un [elle a un stylo à la main], alors de sa mère, et si de quelque chose, alors de son enfance passée à la campagne. » (Notre traduction) 6 « Le modèle d’une femme qui rejette les stéréotypes [...] lui a fait prendre conscience de certaines limites culturellement héritées et a consolidé l’attitude positive, l’attitude d’une femme libre [...], qui la caractérisera dans la vie adulte. » (Notre traduction)
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