AGAPES FRANCOPHONES 2019
Comparaison des motifs autobiographiques dans l’œuvre de Anaïs Nin et de Sidonie-Gabrielle Colette _____________________________________________________________ 203 d’étoffe en coupons, mais surtout de programmes de spectacles et d’essence à la violette, et elle commençait de nous peindre Paris dont tous les attraits étaient à sa mesure, puisqu’elle ne dédaignait rien. » ( Sido , 156). Sido était fascinée par la vie, mais beaucoup plus par ce qui se passait dans sa maison et son jardin que par les scandales et les nouveautés du grand monde. Elle savait quoi montrer et raconter à Colette pour éveiller sa fascination pour la vie et l’art. Elle avait un grand sens de l’humour. Elle aimait rire malgré les nombreux soucis qu’elle avait en tant que mère de quatre enfants, qui n’avait pas toujours assez d’argent pour tout ( La maison de Claudine , 100). La petite Sidonie-Gabrielle était son petit trésor. Elle a fait de sorte que la jeune fille se sente aimée et qu’elle grandisse au milieu de la nature et de la chaleur de sa maison. Elle a aussi développé chez l’enfant la nécessaire estime de soi : « Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son œuvre, – "chef-d’œuvre", disait-elle » ( Sido , 152). Bien que Sido s’occupe des enfants avec affection, avec la chaleur d’un amour maternel infini, elle ne se faisait pas d’illusions sur l’amour d’un homme ou d’une femme. Elle a épousé le père de Colette par amour, mais elle était rationnelle et voulait que sa fille, qui lisait des romans romantiques, fasse preuve de bon sens dans ces affaires : − C’est beaucoup d’embarras, tant d’amour, dans ces livres, disait-elle. Mon pauvre Minet-Chéri, les gens ont d’autres chats à fouetter, dans la vie. Tous ces amoureux que tu vois dans les livres, ils n’ont donc jamais ni enfants à élever, ni jardin à soigner ? Minet-Chéri, je te fais juge : est- ce que vous m’avez jamais, toi et tes frères, entendue rabâcher autour de l’amour comme ces gens font dans les livres ? Et pourtant je pourrais réclamer voix au chapitre, je pense ; j’ai eu deux maris et quatre enfants ! ( La maison de Claudine , p. 32) Dans les textes de Colette, l’amour n’est jamais simple ou complètement agréable, il « […] ukazuje się nieodparcie jako swoisty problem, dram atycznie narastający, ograniczający wolność» 7 (Ledwina, Sidonie Gabrielle Colette..., 108). Toutes ses relations avec les hommes, en particulier durant sa jeunesse, ont été marquées par des conflits que Sido, en tant que mère vigilante, a immédiatement senti et persuadé sa fille d’y faire attention en ce 7 « […] apparaît irrésistiblement comme un problème spécifique, augmentant considérablement, limitant la liberté. » (Notre traduction)
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