AGAPES FRANCOPHONES 2019

L’esthétique littéraire de Maupassant et Rachilde au XIX e siècle _____________________________________________________________ 243 mère, sujet qu’il adopte dans ses œuvres, comme c’était le cas du roman Une vie (Lemoine, 19). « Souvent, quand la mère le tenait en ses bras, le caressait avec ces frénésies de tendresse, qu’ont les femmes pour leurs enfants, […] » (Maupassant, 174) Pourtant, sa mère souffre des troubles nerveux qui l’accablent, mais cela ne l’empêche pas de s’occuper de l’éducation de son fils, une éducation classique et humaniste. (Schmidt, 13-14). Guy suit les études du lycée d’Yvetot où il connaît l’ennui (Cogny, 7), la tristesse, la psychose carcérale et mène une existence vagabonde en se réfugiant dans la lecture des livres défendus (Schmidt, 14-15). Il finit ses études au lycée de Rouen et correspond avec le poète Louis Bouilhet et l’écrivain Gustave Flaubert, ami de sa mère. Il entreprend ses études de droit à Paris. Il commence à écrire, sous la direction de Flaubert, mène une existence libertine et devient aventurier. En 1877 il apprend qu’il est atteint de syphilis. Il écrit moins, il voyage en Côte d’Azur et en Afrique du Nord. Dépressif, il essaye de se suicider dans la clinique du docteur Blanche, à Passy, Paris, où il meurt peu avant l’âge de 43 ans, le 6 juillet 1893. Rachilde (Marguerite Eymery) naît dix ans plus tard que Maupassant, le 11 février 1860 dans le domaine de Cros, à Périgueux (Hawthorne, 134). Elle mène une vie stricte et sévère avec un père militaire et une mère atteinte par la schizophrénie (Gauthier, 12). Son père voulait avoir un garçon, c’est la raison pour laquelle la fille a reçu une éducation masculine. Le domaine, humide et sombre, dans lequel elle a vécu était plus loin du reste de la ferme (David, 12-14). Le contexte énigmatique et gothique est bien présent dans son œuvre, comme par exemple dans son roman Monsieur Venus : Les rideaux prenaient des contours fluides et les glaces de la chambre, se multipliant, lui renvoyaient mille fois la silhouette d’une femme noire, immense, planant comme un génie carbonisé qu’on précipite de toute la hauteur des cieux. […] Il avait, sans explication possible, la sensation orgueilleuse de Satan qui, tombé du Paradis, domine pourtant la terre… (Rachilde 1902, 91) Le mystère caractérise Rachilde dès le début de sa naissance à cause d’une légende racontée par sa grand-mère maternelle. Il s’agit d’une malédiction familiale causée par son arrière-grand- père qui a abandonné sa soutane afin de se marier. Cette malédiction prévoit que sur cinq générations, les descendants seront des loups-garous, Rachilde et sa fille étant les dernières

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