AGAPES FRANCOPHONES 2019

Deux étoiles de la poésie du XIX e siècle : fragments français comparés des créations de Iulia Hasdeu et de Ondine Valmore _____________________________________________________________ 257 On sait moins de choses sur la mère de la poétesse, Iulia Hasdeu, si ce n’est qu’elle portait le même prénom, Iulia (Faluca) et qu’elle était originaire de Transylvanie (Ardeal) et, plus particulièrement de sa région montagneuse (Pays des Moţi). Un autre aspect important est qu’elle a suivi sa fille, tout au long de son cursus scolaire et universitaire en France, alors que la Roumanie était devenue un royaume (1881), d’abord au collège de Sévigné, puis à la Sorbonne qu’elle intégrera à l’âge de seize ans. On sait que Bogdan Petriceicu Hasdeu est également venu en France pour l’installation de sa fille mais qu’il est ensuite reparti. Iulia Faluca insistera également auprès de son mari pour que le château Iulia Hasdeu – construit en hommage à leur unique fille décédée, avec laquelle il communiquera, dans son désespoir, via le spiritisme – qui hébergeait une exposition permanente consacrée à la famille Hasdeu, soit légué à l’État, afin qu’il permette de venir en aide aux plus démunis et à leurs familles. Ces points mentionnés supra nous permettent de mettre en avant l’importance de la diversité culturelle, par les influences slave et française ainsi que la connaissance des lettres classiques (grec et latin) qui donneront à la poétesse Iulia Hasdeu (14/11/1869- 29/09/1888) la possibilité d’avoir accès à bon nombre d’auteurs d’expression étrangère et de s’imprégner de thématiques diverses, en lien avec les préoccupations littéraires et linguistiques de la deuxième moitié du XIX e siècle. Iulia Hasdeu (fille) a créé très jeune des poésies, souvent directement en français ainsi que des récits chevaleresques. Ce choix de la langue française s’explique, par le fait qu’elle a vécu en France durant une partie non négligeable de sa courte vie. Il trouve également sa genèse dans le rayonnement de ce pays au cours de la deuxième moitié du XIX e siècle. Cependant, la création de Iulia Hasdeu a été publiée, par les soins de son père, de manière posthume ainsi que sa correspondance, en ultime hommage à sa fille décédée de la tuberculose, pas encore totalement reconnue de son vivant. L’ouvrage Opera poetică / Œuvre poétique (Hasdeu, 2005) – paru ces dernières années – qui a servi de base à notre étude regroupe deux volumes de poésies Bourgeons d’avril ainsi que Fantaisies et rêves qui témoignent de certaines impressions vis-à- vis de la nature, de la patrie primitive (la Roumanie) et d’adoption et des états d’âme d’une jeune poétesse qui découvre la vie et sera bientôt confrontée à la mort qu’elle voit arriver. La poétesse

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