AGAPES FRANCOPHONES 2019

Estelle VARIOT Aix Marseille Université, CAER, France _____________________________________________________________ 260 (référence au tissu qui est bouffant) ; v. 15 L’étroit fichu ; les jupons de moire ; v. 17 Le corset ; v. 19 La houlette à pompons ; v. 20 Les souliers de satin ; v. 23 boudoir ; v. 29 bijou de poupée ; les parties du corps : v. 4 et 28 sein ; v. 11 cheveux ; v. 20 pieds cambrés ; v. 34 œil ; faune et flore : v. 18 rose ; v. 30 papillon ; v. 30 fleur . Cette poésie, particulièrement riche dans ses descriptions des tableaux de la nature, à l’aide d’un accessoire de mode quotidien et féminin, nous conduit à la rêverie et à l’atmosphère calme et agréable d’une époque révolue pour laquelle Iulia Hasdeu semble éprouver de la nostalgie, à ce moment de sa vie. La poésie intitulée « Papillon » témoigne également de techniques de comparaison empreintes de douceur et de délicatesse qui renvoient à la période romantique, avec cet émerveillement pour la nature environnante, le caractère éphémère des choses et l’invitation à l’amour et à la tendresse. Nous verrons, en seconde partie de l’intervention, que le thème du papillon est également utilisé par Ondine Valmore. Iulia Hasdeu fait appel aux impressions ressenties ainsi qu’aux couleurs harmonieuses de la nature à laquelle elle associe le papillon, dans son aspect, tout en partageant sa célérité dans la lumière environnante. Nous pouvons noter quelques exemples : v. 3 papillon d’or (association avec la couleur et le scintillement) ; à certains endroits, Iulia Hasdeu utilise la mise en apposition ainsi que l’adjectif pareilles à et des formules imagées fendent l’air qui accentuent l’impression de légèreté v. 7-9 Ses ailes vermeilles , / Aux rayons pareilles , / Vives, fendent l’air. Puis, elle ne retient que la forme du papillon qu’elle associe à nouveau, par l’adverbe comme , à la vitesse et à la clarté v . 10-12 forme radieuse / Qui passe, joyeuse, / Comme un brin d’éclair . Un peu plus loin, aux vers 13-15, la comparaison porte sur la chimère et sur son existence éphémère . Iulia Hasdeu utilise des métaphores : v. 19 Boire la lumière ; v. 22 Boire la rosée . La métaphore de notre esprit volage , au vers 25, fait référence au papillon , par l’emploi de folâtre (v. 2) ou de fol (v. 6) [deux mots de même racine]. La comparaison de la vie intense du papillon le jour v. 31 Plus il brille au monde peut aussi correspondre à la volonté de paraître qui consume au fur et à mesure. Le jour contraste avec la nuit où il retombe v. 28 qui est symboliquement et métaphoriquement associé à la vanité (humaine ?) et à la mort. La poétesse finit par une note d’espoir en l’amour qui mène au ciel et au paradis, au vers 48 : Car c’est quand on aime / Qu’on gagne le ciel !

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