AGAPES FRANCOPHONES 2019

Deux étoiles de la poésie du XIX e siècle : fragments français comparés des créations de Iulia Hasdeu et de Ondine Valmore _____________________________________________________________ 261 Dans la poésie « Au lac de Genève » qui fait référence, aussi, au lieu vivifiant où Iulia Hasdeu a fait des cures pour traiter sa tuberculose, la comparaison est introduite par des qualificatifs ou par une analogie des formes ou des couleurs. Nous précisons que le lac Léman était également un lieu de prédilection pour une autre poétesse roumaine francophone, Anna de Noailles qui côtoiera la haute société parisienne, en particulier. Nous pouvons citer à titre d’exemples : v. 1 nappes argentées : l’onde s’apparente à des nappes et la couleur de l’eau apparaît argentée, ce qui induit la ressemblance avec l’opale (par le complément de nom) qui est explicitée dans les vers 2 et 3 … et les changeants reflets / Et les molles couleurs … ; v. 7 le couchant s’enflamme : le rouge est associé au soleil du soir et au feu ; v. 10 Les rochers sont pareils aux fantômes des nuits : la poétesse utilise la locution adjectivale pareils à ; un peu plus loin, les rochers sont associés à une autre métaphore : v. 23 , comme des sentinelles, avec une mise en apposition, à nouveau de l’élément de comparaison. D’autres comparaisons sont induites ou déduites du ressenti de l’auteur, en fonction de la vision d’un paysage ou d’un attrait pour l’exotisme. Ainsi, nous avons : v. 6 les eaux dormantes : l’absence de flux et de reflux donne l’impression qu’elles dorment ; v. 17 … O bleu Léman, lac où le ciel se mire : le reflet du ciel se confond avec la couleur changeante du Léman ; v. 18 – Un ciel d’azur , gai comme l’Orient : ici, nous notons l’association de la couleur bleue à la luminosité qui renvoie à l’éclat, l’espoir que renferme aussi l’attrait pour le mystérieux Orient. La poétesse fait également explicitement allusion au changement de couleur du lac et de ses vagues : v. 13 tes superbes vagues qui prennent différentes couleurs dont une est introduite par l’élément comme v. 15 Comme un brasier ardent ; puis, une autre image apparaît, celle de gerbes (résultant des vagues) confrontées au couchant : v 16 … aux feux mourants du jour . Un autre procédé de comparaison négatif est mis en œuvre aux vers 21-22 : La mer n’a pas de vagues aussi belles / Ni sur ses bords tes monts audacieux qui témoigne de la splendeur des vagues et des monts qui se présente aux yeux de la jeune poétesse. La poésie se termine par une double comparaison, introduite par comme aux vers 26-27 où la vague est cette fois-ci associée à la nostalgie d’une vision bientôt perdue : … comme un tendre soupir, / Comme un regret de ta vague plaintive qui emporte l’amour : Puisque tu prends mes premières amours (v. 32).

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