AGAPES FRANCOPHONES 2019
Estelle VARIOT Aix Marseille Université, CAER, France _____________________________________________________________ 262 La poésie « Vieille chanson sur un nouvel air » présente également des comparaisons très intéressantes et différentes et des similitudes avec « L’éventail » puisqu’elle traite du passé – qui attire car il représente le calme et la sérénité – et de la femme imparfaite mais à qui on voue un amour éternel, malgré l’inconstance et la fragilité des sentiments. Nous indiquons par exemple : v. 2-3 son regard est pur comme l’onde, / Comme l’onde inconstant et bleu. Nous observons, à ce niveau, la reprise de l’élément qui l’introduit – comme – avec une inversion et une insistance sur la profondeur, sous-entendue par l’utilisation de l’adjectif pur , d’une part et son caractère changeant avancé par deux qualificatifs – inconstant et bleu , d’autre part. Une autre comparaison apparaît dès le vers 3 : Son sourire est la candeur même , qui permet de relever l’innocence de la personne aimée. Cependant, rapidement, des qualificatifs deviennent négatifs qui soulignent et reprennent l’inconstance dévoilée dans le vers 2 (pour le regard) : v. 11 Mais elle est comme l’hirondelle . Une très fine comparaison est présente au vers 19 quand la poétesse compare la femme à une feuille : Oui je sais que la femme est feuille . Pour autant, malgré ses faiblesses, la femme reste aimée : v. 23-24 À moins qu’elle cesse de plaire, / Je l’aimerais tout comme avant . Une dernière poésie que nous aborderons ici est intitulée « Victor Hugo » qui témoigne du rayonnement de cet auteur, durant cette période et au niveau européen. La première métaphore associe, au vers 3, le nom couche – qui deviendra le lit de Mort – et l’adjectif sacré , ce qui induit, de fait, une comparaison et une mise au même niveau de ces deux mots. Cette image se prolonge aux vers 9-10 : Alors, devant ton front sublime qui rayonne / Comme l’astre du jour rayonne à son couchant . La reprise du même verbe contribue à rehausser la comparaison entre la lumière du front et le soleil qui tombe et à avancer l’âge de la personne qui va bientôt quitter ce monde. Un autre point à soulever est, au vers 11, l’apposition – O grand’ père ! – qui assure la comparaison de Victor Hugo avec une personne de la famille, un être cher – y compris à la France – que la Mort elle-même hésite à emporter. Après avoir exemplifié l’originalité de Iulia Hasdeu ainsi que son imprégnation dans le paysage littéraire européen, même si nous n’avons pas pu, faute de place, présenter, dans cette intervention, des poésies ayant trait à la Roumanie ou rédigées en roumain, nous allons maintenant nous pencher sur une autre
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