AGAPES FRANCOPHONES 2019

Deux étoiles de la poésie du XIX e siècle : fragments français comparés des créations de Iulia Hasdeu et de Ondine Valmore _____________________________________________________________ 265 l’étape initiale avant l’éclosion du papillon (comme on l’a vu un peu plus haut, l’image du papillon est aussi utilisée par Iulia Hasdeu). Puis, au vers 9, Sentir en soi comme une flamme / Vous consumer lente et sans bruit renvoie à une maladie (la tuberculose) qui emporte insidieusement la jeunesse. Les métaphores suivantes germe dans votre âme / la fleur qui va tomber sans fruit (v. 11-12) établissent un parallèle entre l’amorce de la vie représentée par la fleur et la fin inopinée de celle-ci avant d’avoir terminé le processus de fructification. La note finale est assez sombre de prime abord puisque la vie et l’amour sont associés au fait de Feuilleter en vain un beau livre ; Sans l’avoir compris, le fermer , (v. 13-14). Pour autant, la poétesse utilise la formulation impersonnelle on dans les deux derniers vers, ce qui induit une distance et sous-entendrait que la vie et l’amour sont bien autre chose et qu’il faut s’attacher à en connaître les divers aspects, pour peu que l’on dispose de suffisamment de temps pour le faire. La poésie « Quand du printemps » constitue un éloge à la nature qui reprend vie ou qui se renouvelle à cette période de l’année. La première image apparaît aux vers 1-2 … la feuille verte / S’essaie à parer les rameaux et dénote à nouveau, par l’usage du mot parer , une tendance à la personnification de la flore ainsi qu’un registre de langue élaboré ou littéraire. La personnification (féminine) est renforcée au vers 3 par la métaphore Quand du sein de la terre ouverte . La description de la nature et de ses splendeurs, tout au long de la poésie – qui est un motif récurrent à la période romantique –, insiste sur le jeu des ombres et des lumières, l’impression de douceur qui génère le bien-être et le sourire (v. 5). Un peu plus loin, aux vers 6-7, il est fait référence au soleil, ni trop chaud, ni trop froid, qui éclaire délicatement cette nature renaissante et la vivifie : Quand l’astre tiède et triomphant / Semble mesurer sa lumière . Les vers 8-10 renvoient à l ’œil , souvent perspicace et espiègle, d’un enfant, de nature innocente et, plus particulièrement, à celui d’une petite fille qui est assimilée, par apposition, à une fraîche fleur , jeune, non dénaturée insouciante et pleine de vie. La poétesse admire ce paysage divin, synonyme des débuts de la vie et de son renouveau (perpétuel). Cette thématique de l’enfance et de la pureté associée à la vie est également présente dans des poésies de Iulia Hasdeu, présentées supra . La dernière poésie que nous aborderons est intitulée « À Victor Hugo », une référence qui apparaît à la fois chez Iulia

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