AGAPES FRANCOPHONES 2019
Estelle VARIOT Aix Marseille Université, CAER, France _____________________________________________________________ 266 Hasdeu et chez Ondine Valmore, ce qui témoigne du rayonnement de cet auteur, né en 1802 et décédé en 1885, sur plusieurs générations. Auteur notamment de Notre-Dame de Paris et des Misérables ainsi que de recueils de poésies dont Les chants du crépuscule , Victor Hugo a été représentatif du courant romantique et excellait dans la description des sentiments et de la nature, inspirant beaucoup de ses successeurs. L’hommage rendu à ce grand homme, à la fois chez Iulia Hasdeu et chez Ondine Valmore nous semble, de ce fait, important à souligner. Le vers 2 de la poésie « À Victor Hugo » Car nous avons appris vos chants révèle cet héritage et l’assimilation des chants – possiblement Le chant des crépuscules – à l’œuvre entière de Victor Hugo. Le vers 4 fait référence à trois enfants qui souhaitent se placer sous sa protection de père. On ne peut s’empêcher ici de faire un rapprochement avec la fratrie d’Ondine Valmore qui sera quasiment décimée par la tuberculose, afin de protéger ceux qui restent ou sont atteints par cette terrible maladie (le décès de la sœur aînée de Ondine en bas âge induit qu’en 1840, date où la poésie est écrite, il ne reste que trois enfants). L’invocation au père (v. 5) assimilé à l’aigle, rapace connu pour sa férocité et son courage dans la défense de sa progéniture (v. 7-8) traduit aussi le désarroi de la poétesse Ondine Valmore. Si Iulia Hasdeu appelle Victor Hugo grand-père, Ondine Valmore, un peu plus âgée, le représente comme un père (v. 9). Les vers 9-12 renvoient à la puissance créatrice et protectrice de Victor Hugo, par les termes gloire et rayon (v. 9-10) et son engagement, en tant que poète, animé par des sentiments et le cœur (v. 12), à faire avancer la société. Cet engagement du poète Victor Hugo suscite l’admiration et la volonté de suivre cet exemple : On dit qu’à votre seuil ne s’assied pas la crainte (v. 15). Une autre image intéressante apparaît au v. 16 : Qu’être poète, c’est aimer , par l’association de l’exaltation poétique au sentiment amoureux. La poésie se termine par la présence de notre mère (v. 17) qui a donné naissance et qui porte la couronne amère , en référence sans doute à la souffrance de voir partir ses enfants de maladie ou qu’ils en soient atteints (v. 19) et l’invocation à Dieu, dans ce rappel, pour apporter le salut spirituel et la protection au poète (v. 20). L’examen des formulations comparatives, directes ou indirectes, présentes dans quelques fragments poétiques, rédigés en français par Iulia Hasdeu, d’une part et Ondine Valmore, d’autre part, nous ont permis de dégager des thématiques romantiques
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