AGAPES FRANCOPHONES 2019

Jean-Jacques BRIU Université Paris Nanterre, France _____________________________________________________________ 286 sauf les conjonctions). Ainsi le rapport de comparaison est syntaxiquement homogène si A et C sont de même nature syntaxique, ou hétérogène dans le cas contraire. Ex. : 1. Le cinéma, c’est comme une drogue. C’est comme changer de monde. 2. Je suis comme je suis. 3. Naturellement, c'est comme avec moi. (comparaison entre c [ela] et moi ) 4. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Il semble bien que tout ensemble syntaxique ou sémantique puisse entrer dans une relation de comparaison. Peu importe que le sens établi soit réussi, tiré par les cheveux, incongru, ridicule ou contradictoire. Ainsi la phrase souvent citée : 5. La Terre est bleue comme une orange » n’est paradoxale qu’en raison d’une comparaison complexe : la similitude, en effet, n’est pas la couleur, mais la forme ronde et entièrement visible ; la terre vue de loin est bleue et c’est à ce moment-là une sphère petite comme une orange. Le rapport de comparaison est positif ou négatif ou dubitatif ; le terme négatif qui précède le marqueur porte sur sur le prédicat, comme nous le verrons : 3’. Naturellement, c'est pas comme avec moi = Naturellement, cela Nég (être comme moi) 6. La piscine, c’est peut-être comme la baignoire mais pas comme la plage. = 6’. La piscine Nég (être comme la plage) On peut bien « faire comme si », mais dans ce cas le comparant est en ellipse, non-dit ; « comme si » n’est pas un marqueur de comparaison ni une conjonction ; si fait partie du comparant : 7. Nous sommes fatigués comme (si nous n’avions pas dormi.) Marqueur de loin le plus fréquent, « comme » a toutefois quelques équivalents. Ils forment un ensemble d’une quinzaine de termes : « A pareil à C » ; « A analogue à C » ; « de même A , de même C » ; « A à l’égal de C » ; « A comparé à C » ; « A

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=